Par Alice – Le 03 Octobre 2026
C’est quoi déjà la formule ? Quand on aime, on ne compte pas ! Après avoir déjà vu Blaze Bayley à plusieurs reprises ces dernières années, difficile de ne pas répondre présente lorsqu’une nouvelle date se présente. Et cette fois, le contexte est forcément particulier : Blaze célèbre les 30 ans de son arrivée dans la Vierge de Fer !
Après un premier passage au Black Lab en avril, à Wasquehal dans le Nord, complètement électrique, direction cette fois la Belgique pour rejoindre le DVG Club à Courtrai. La formule reste inchangée, mais la fougue et la nostalgie sont toujours bien présentes. Et finalement, quand un concept fonctionne aussi bien, pourquoi ne pas en redemander encore ?
D’autant que l’été aura été particulièrement chargé pour Blaze. En 2026, Iron Maiden célèbre ses 50 ans et a organisé pour l’occasion EddFest, un week-end anniversaire à Knebworth entièrement consacré à l’univers du groupe. Blaze y a notamment pris la tête de la scène Maidenville le vendredi soir. Mais surtout, autre actualité marquante : Blaze fait partie de la promotion 2026 du Rock and Roll Hall of Fame, aux côtés de Bruce Dickinson, Steve Harris, Adrian Smith, Dave Murray et Janick Gers, ainsi que d’anciens membres comme Paul Di’Anno, Dennis Stratton, Nicko McBrain et Clive Burr. Une reconnaissance qui vient couronner une année déjà particulièrement marquante pour lui.
Cette tournée revient donc sur une période bien particulière de sa carrière : son passage chez Iron Maiden, de 1994 à 1999, marqué par « The X Factor » et « Virtual XI ». Deux albums qui n’ont pas toujours été accueillis à bras ouverts à leur sortie, notamment dans le contexte du remplacement de Bruce Dickinson, mais dont les morceaux ont clairement fini par s’imposer dans la mémoire des fans. Et ce soir, difficile d’en douter au vu de la réaction de la salle.
Le concept est donc particulièrement généreux : une vingtaine de titres pour revisiter cette période Maiden, entre grands classiques et morceaux moins souvent joués, auxquels viennent s’ajouter quelques incursions dans la carrière solo de Blaze. Et ces dernières ne donnent jamais l’impression d’être posées là au hasard : elles s’intègrent naturellement dans le fil du concert et permettent de rappeler que son histoire ne s’est évidemment pas arrêtée en 1999, bien au contraire !
Bref, trêve de bavardage, retraçons cette soirée ! L’ouverture sur « Doctor Doctor » est inévitable. La reprise d’UFO est devenue au fil des années le rituel des concerts de Maiden, et le public n’attend d’ailleurs pas le chanteur pour se mettre dans l’ambiance. Les premiers riffs suffisent à lancer la soirée et la salle chante déjà à pleins poumons.
La suite enchaîne avec « Lord of the Flies », « Justice of the Peace », « Judgement of Heaven », « Blood on the World’s Hands » et « Look for the Truth ». Une série de morceaux qui plonge directement dans cette période souvent discutée, mais visiblement loin d’être oubliée. Ça chante en chœur et l’énergie est communicative, chacun semblant prendre autant de plaisir à retrouver ces titres. Tel un maître de cérémonie, Blaze fredonne certains airs et riffs avant de laisser le public prendre le relais. Avec autant de titres connus par cœur, il suffit parfois de quelques notes pour que toute la salle s’en empare. « Lightning Strikes Twice » en sera un parfait exemple : Blaze demande directement l’aide du public pour reprendre les paroles, et la salle se prête volontiers au jeu.
« Born as a Stranger » permet de faire une première incursion dans le répertoire solo de Blaze. Le morceau figure sur « Silicon Messiah » (2000), son tout premier album après son départ d’Iron Maiden, et il porte encore l’empreinte de cette période et de ce qu’elle a pu inspirer dans son écriture. Puis retour aux choses sérieuses avec « Sign of the Cross », morceau emblématique de Maiden. Impossible de ne pas replonger quelques années en arrière.
Ce titre est indissociable de « Rock in Rio », ce live de 2001 que je connais presque par cœur et qui a accompagné une partie de mon enfance, ma découverte de la musique metal et tout ce qui a suivi. Alors forcément, entendre ces riffs si familiers provoque cet effet madeleine de Proust. La salle reprend le morceau à pleine voix et l’ambiance monte encore d’un cran : pendant quelques minutes, c’est toute une époque qui ressurgit.
On retrouve ensuite son répertoire solo avec le familier « Calling You Home », avant de revenir aux années Maiden avec « A Thousand Years » puis « When Two Worlds Collide ». Cette alternance entre son parcours personnel et cette période au sein de la Vierge de Fer se poursuit avant que « The Clansman » ne fasse à nouveau remonter les souvenirs. Là encore, impossible de le dissocier du live « Rock in Rio » pour ma part. Les premières notes suffisent à réveiller tout un pan de souvenirs et à faire monter encore la température dans la salle.
Soudainement, la pression redescend avec « 2 A.M. » et « Como Estais Amigos », proposés en acoustique par Blaze et Luke Appleton à la guitare. Le contraste fonctionne particulièrement bien : après avoir fait chanter une salle entière, le duo réduit brusquement l’espace à deux musiciens, dans une atmosphère presque intimiste. Une parenthèse qui laisse aussi davantage de place aux confidences de Blaze.
Sur « 2 A.M. », il partage justement un souvenir très personnel : son premier concert était celui de Ronnie James Dio. Cette soirée lui a donné le déclic et l’envie de devenir chanteur. Et comme souvent avec lui, l’anecdote laisse rapidement place à un discours motivant : aller chercher ses rêves et faire ce que l’on aime plutôt que de se résigner à un quotidien qui ne nous correspond pas. Le fameux discours autour de quitter son « shitty job » résonne forcément un peu différemment quand on a soi-même fait ce choix. Difficile de ne pas se reconnaître dans ses mots. Et c’est peut-être aussi ce qui rend Blaze particulièrement attachant : malgré une carrière qui l’aura conduit jusqu’à remplir des stades, il reste simple, proche de son public. Voir un artiste qui, des décennies après ses débuts, continue à vivre de ce qu’il aime tout en poussant son public à faire de même a quelque chose de particulièrement touchant.
Ce soir, nous sommes justement là pour ça : réunis autour de la musique, à partager un moment de communion avec Blaze et ses musiciens. Sa phrase « Forget yesterday, forget tomorrow » résume finalement assez bien cette volonté de laisser de côté ce qui est derrière nous comme ce qui nous attend pour profiter pleinement de ce qui se passe ici et maintenant.
La parenthèse acoustique refermée, « Virus » ramène le concert vers un registre plus frontal. Blaze en profite pour parler des arnaques et des mensonges qui circulent sur les réseaux sociaux : ne pas croire tout ce que l’on voit en ligne, se méfier des faux-semblants et de tous ces « virus » qui nous entourent. Un morceau de l’époque Maiden qui trouve finalement une résonance assez évidente aujourd’hui.
Puis vient « Wrathchild », direction les tout débuts de la Vierge de Fer avec l’ère de Paul Di’Anno. L’occasion de rendre hommage à celui qui aura participé à poser les premières fondations du groupe et qui en fut la première voix.
« Man on the Edge » relance ensuite la soirée, avant que « Futureal » ne fasse encore monter la température. Un nouvel enchaînement de morceaux cultes qui rappelle à quel point cette période possède encore une vraie force en live. Le public donne tout et l’énergie ne retombe pas.
Puis « Doctor Doctor » résonne de nouveau, cette fois avec des parties vocales, mais surtout avec un long moment consacré aux musiciens. Le morceau se transforme progressivement en véritable jam : Martin McNee prend la batterie, Luke Appleton le rejoint, puis les guitares viennent compléter l’ensemble. Le passage s’éternise peut-être un peu, mais il permet surtout de mettre en lumière ces musiciens talentueux, tous membres d’Absolva, le groupe qui accompagne Blaze depuis 2014 sur l’ensemble de cette tournée.
Et finalement, « The Angel and the Gambler » vient refermer cette soirée riche en émotions.
Trente ans après son arrivée chez Iron Maiden, Blaze Bayley continue donc de faire vivre cette période sans se contenter de regarder dans le rétroviseur. Cette tournée offre évidemment une généreuse plongée dans les années Maiden, mais elle permet aussi de mesurer tout ce qui a été construit depuis, avec quelques morceaux solo qui trouvent naturellement leur place au milieu de ces classiques.
Et pour celles et ceux qui ont grandi avec ces morceaux, certaines notes suffisent encore à faire remonter les souvenirs, les frissons et cette drôle de sensation d’être à nouveau plongé dans une époque que l’on croyait pourtant loin derrière soi.
Une soirée portée par cette nostalgie particulière, mais surtout par une belle énergie et cette communion entre Blaze, ses musiciens et un public qui, trente ans plus tard, connaît toujours les chansons par cœur.
Merci Tom VM pour les photos et le DVG pour cette belle date !