EXODUS - Goliath

Par Ale – Le 21 Avril 2026

Genre : Thrash Metal

Pays : Etats-Unis

Label : Napalm Records

Date de sortie :  20.03.26

On prend les mêmes et on recommence ! A chaque album de Thrash, je me plains que le genre ne se renouvelle plus depuis des années, et que le « second âge d’or » débuté dans les 2010s a commencé à s’essouffler il y a belle lurette aussi. D’un côté on a les groupes mythiques qui semblent bien décidés à continuer jusqu’à la mort (ou quasiment), de l’autre les nouvelles recrues très inspirées de leurs idoles : et tous deux semblent avoir le plus grand mal à tenter de nouveaux trucs et à s’extirper de ce glorieux passé (de CES glorieux passés devrait-on dire : 80s et 2010s!) Et malgré tout, je suis le premier couillon à me refaire embrigader tous les X temps par un nouvel album, sitôt qu’il émane des cadors du genre (qui se retrouvent largement plus dans le « Modern Big Four of Thrash », le «  ou le « Teutonic Big Four »… Désolé pour les fans de Metallica, mais Testament, Death Angel, Kreator ou Sodom me font bien plus rêver que vous.

(Certains y rajouteraient sans doute un énième Big Four encore plus moderne avec Havok, Municipal Waste, Power Trip… et perso, mon quatrième choix porterait sur Angelus Apatrida. Bref… des groupes de thrash bien trop excellents malgré leur manque d’originalité, il y en a un sacré paquet)

Toutes ces palabres pour dire que lorsque Exodus sort un nouvel opus, j’occulte mes rares principes pour aller y jeter une oreille curieuse. Tant pis si leur dernier-né « Persona Non Grata » ne m’avait pas franchement charmé. Tant pis si je sais déjà qu’au mieux, ce « Goliath » va m’infliger un ou deux torticolis en raison de ponts démentiels, mais convenus : c’est cathartique. C’est du « home sweet home ». C’est le film-bonbon que l’on se remate une fois par an tel un rituel. Et puisqu’en plus, l’un des meilleurs concerts de ma vie fut lors de la tournée « The Bay Strikes Back » regroupant Exodus aux côtés de Death Angel et Testament (que je préfère d’habitude, mais Exodus avait clairement livré le meilleur concert sur les trois… ce qui n’est pas peu dire), j’ai de bonnes raisons d’être jouasse. Dans le pire des cas… Je passe un bon moment !

ATTENDEZ NON. Avant de débuter, je dois encore mentionner que Zetro s’est à nouveau fait la malle. Il a battu son précédent record, c’est pas si mal. Mais il faudra composer avec Rob Dukes sur ce nouvel album. Pas de quoi trop désarçonner en somme : on reste sur de la famille proche. Voilà, on peut y aller maintenant ! On démarre avec « 3111 » et c’est pas trop mal. Des guitares encore sages, dont les vociférations ressemblent presque à des sirènes de police. Le morceau avance d’un pas décidé, sans encore trop pétarader. Une entrée en matière plutôt agréable qui ne fait pas sursauter de son siège. « Hostis Humani Generis » nous met déjà un peu plus en jambes, avec un pont bien goûteux, bien généreux, bien chaotique ! Les intros de « Promise You This » et « Violence works » sont vraiment très cools aussi, le premier ayant matière pour devenir parmi les titres phares de ce « Goliath » (avec un refrain entraînant et assez « soft » … soft pour du thrash en tout cas). Le tempo lourd et lent de la chanson éponyme, avec ses allures de messe noire, tranche radicalement avec le fracas souvent associé au genre. Pour le coup, on a un morceau sortant vraiment des carcans ! Un autre candidat très sérieux parmi la crème de cet album ! Et la présence plus marquée de la basse n’est pas pour me déplaire non plus évidemment.

« Beyond The Event Horizon », « 2 Minutes Hate », « The Changing Me » et « Dirtiest Of The Dozen » s’illustrent moins, mais peuvent compter sur leur bridge et leur rage pour garder le cap (Dirtiest a quand même une basse charmeuse en milieu de parcours! Et un final étonnamment puissant et émotif qui le propulse un peu au-dessus des quatre autres mentionnés). Le plus dommage (même si, à nouveau, c’est très personnel), c’est pour « Summon Of The God Unknown ». Je suis d’habitude très friand de titres thrash osant l’outrance vis-à-vis de leur chrono. Atteignant et même dépassant les cinq minutes. Mais ici, le titre est « juste bon », et ne justifie pas trop sa longueur à mon sens. Il aurait mérité plus de folie et/ou un vrai sens de progression.

Allez… j’ai été mauvaise langue. Il est chouette ce « Goliath ». Il accorde pas de second (ou plutôt de troisième) souffle au genre, qui ne bénéficiera probablement pas vraiment de troisième âge d’or et se contentera de rajouter ci et là des albums de bonne facture pour les tympans défoncés des fans. Y’a eu bien moins inspiré, bien pire aussi. En fait, ce Goliath fait même plutôt office de haut du panier, surtout pour un groupe à la discographie et à la carrière bien remplies. Après un dernier opus ayant mis du temps à franchir la ligne d’arrivée, pour un résultat pas si folichon, ce « Goliath » plus confiant et est déjà plus que suffisant.

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