Par Ale – Le 23 Avril 2026
Genre : Melodic horror punk
Pays : Etats-Unis
Label : Fiend Force / Massacre Records
Date de sortie : 27.03.26
Qui dit « horror punk » pense (en principe) forcément aux Misfits et aux Cramps. Et… pas grand monde d’autre, à moins d’être réellement expert dans le domaine. On peut tricher un peu avec d’autres grands noms de l’époque comme Alice Cooper (mais c’est pas vraiment du punk), ou Christian Death (mais c’est du « death rock »… bon en vrai y’a quand même des morceaux de punk dedans qui ont pas trop eu le temps de moisir!) Autant dire qu’en voyant la dégaine de Dark Ride et le genre qui leur est accolé, ça a piqué ma curiosité. Idem pour cette jolie pochette, même si cette fichue chauve-souris pas symétrique m’énerve ! Et en véritables punks : il aura fallu six ans entre leur premier EP et ce premier réel opus. Réjouissons-nous ! C’est déjà plus que bien d’autres groupes qui s’arrêtent au bout de quelques concerts et de trois titres rapidement enregistrés avec pas mal de bricolage et si peu d’exemplaires physiques qu’ils se rapprochent du lost media. Dans tous les cas, je me dis que ce Dark Ride peut être a minima très touchant. Et peut-être une chouette petite surprise… verdict ?
C’est effectivement un album surprenant, mais pas forcément dans ce qu’il propose. Explications très simples : c’est du punk rock! Aussi simple que ça ! Un peu vibes « Dirty Fonzy », si ça vous aide à cerner une sous-catégorie. L’ironie voulant que malgré des promesses horrifiques, la musique de Dark Ride est plutôt lumineuse et facile d’approche. Plus acoquinée au pop punk à la sauce 2000s qu’au punk énervé et enregistré avec un grille-pain. Dans un sens, on pourrait reprocher à Dark Ride d’être un poil trop lisse, et que cette appellation « melodic punk » est pratiquement un oxymore (mais pas volé dans le cas de Dark Ride : leur son est effectivement assez pur et encore une fois : assez doux pour le tympan fragile non-initié). L’épouvante est cependant bien présente, mais davantage comme thématique que comme partie intégrante de la musique, si ce n’est pour l’intro joliment gothico-kitschouille de « Blade Manor », qui ouvre bien justement l’album du même nom. La transition « Seascape Samhain » compte bien quelques chœurs, c’est vrai, et « Psycho Summer » a quelques traces timides lui aussi. Mais suffit pas d’appeler son titre « Coffin » ou « Life At The End Of October » pour faire du punk qui fait peur !
Pourtant, tout comme Dirty Fonzy avant eux, Dark Ride m’a touché. Pas forcément par leurs textes, moins portés sur un regard défaitiste, fataliste même et pourtant presque candide de l’existence et de ses nombreuses emmerdes quotidiennes. Mais très clairement par leur musique, frappant la nostalgie en plein cœur. C’est extrêmement subjectif, mais j’estime intéressant de se rendre compte de la différence de traitement entre rendre hommage à une époque appréciée, adorée même, mais que l’on n’a pas expérimenté soi-même (coucou le heavy metal et le thrash dans mon cas!)… et redécouvrir une période charnière de sa prime jeunesse. Le pop-punk était absolument partout lorsque j’étais gamin, et forcément Dark Ride frappe alors pile au milieu de la cible. Si vous êtes de la même génération (et que vous étiez de la team pop punk et pas emo ou nu-metal!), ce Blade Manor peut vous convenir les yeux fermés. Dans le cas contraire, heureusement, le groupe ne se contente pas de cocher des cases. Il ne parviendra pas à vous faire aimer le genre si vous le conspuez totalement (on n’est clairement pas sur du punk tradi!), et il ne réinvente pas la roue non plus. Mais il déborde d’énergie tout au long de ses quarante minutes, et donne une patate d’enfer sans jamais brusquer. Sans doute un poil trop gentil pour les vieux crêteux à qui il ne doit plus rester beaucoup de cheveux, pas innovant du tout et l’aspect horreur est franchement qu’un prétexte vraiment pas assez exploité… Mais Dark Ride m’a donné envie de relancer Burnout et Tony Hawk Pro Skater. Et ça, ça marque systématiquement des points !