DUST LOVERS - Green Screens

Par Ale – Le 13 Mai 2026

Genre : Heavy Rock / New Wave / Post-punk

Pays : Feance

Label : Le Cèpe

Date de sortie :  24.04.26

On ne va pas tourner autour du pot bien longtemps : tout ou presque avait de quoi me faire de l’oeil sur cette chronique. Un groupe que je ne connais pas, et dont je n’ai même jamais entendu parlé (ce qui n’est pas bien rare dans le cadre de Cult of Metal en soit). Un groupe français, ce qui est souvent indicateur d’une potentielle curiosité très bien fichue (ou alors, comme avec les italiens, j’ai juste beaucoup de chance). Un artwork énigmatique, atypique mais plutôt joli et qui ne dévoile pas grand chose de l’album, ce qui a de quoi aiguiser ma curiosité. Et alors plus simplement le combo new wave/post-punk, deux de mes genres absolument fétiches que je retrouve hélas que trop peu souvent  dans la liste des chroniques (normal quand on se focalise sur le metal en soit…)

Bref. Comment dans ¾ des cas, on part sans trop savoir dans quoi on s’engage. Mais comme souvent dans ces 75% de cas… on a des aprioris plutôt enthousiastes !

La promo évoquait des relents de DEVO… de quoi m’intriguer encore davantage, tant DEVO est excentrique. C’est un peu comme Ween ou The Avalanches : y’a des trucs qui y ressemblent, mais c’est quand même compliqué de reproduire ce qui s’apparente à des OMNI (Objets Musicaux Non-Identifiés). Mais pour le coup… « Yes Life », l’un des singles de l’opus, c’est du DEVO tout craché ! Tandis que « Gold Medals » m’évoque un mélange entre « The Creeps » de Garbage et « Nukeface » de Priest… en empruntant plus du côté foutraque du second ! « Dancing In Slow Motion » est potentiellement mon petit préféré… Avec ses notes de synthé me faisant à nouveau songer à Priest (toujours un excellent point à mes yeux!), son rythme hypnotique et son refrain bien kitschouille en contraste avec l’ambiance plus sombre et langoureuse qui se dégage du reste du morceau. Quoiqu’il partage son trône ardemment avec « My Body Be Cold » et son chant d’église mêlé à son groove diabolique : impossible de ne pas rouler des épaules ! Comme il est régulièrement de rigueur, « Leave Me Alone » est le titre le plus court de la galette… et donc aussi le plus énervé ! Il est abrasif, puissant, musclé et bruyant ! Quoique « No Sleep Till I Die » porte très très bien son nom aussi, et se veut tout aussi nerveux, avec un rythme de malade mental. Une bonne dose de sucre coupé à l’adrénaline ! Transpercé par un interlude tendre, qui déboule réellement de nulle part comme un anti-jumpscare… Et qui, loin de servir d’anti-climax, élève pourtant encore le morceau plus loin, le rend d’autant plus spécial. Mais on va pas se mentir qu’il est bon de ne pas rester sur notre faim et d’avoir quand même un sprint final pour ne pas se rhabiller sans avoir d’orgasme… On aurait presque plus vu ce titre là comme bouquet final, mais ça aurait peut-être été trop convenu. Ou trop explosif justement. « The Next Wave » est un peu plus pop, avec un refrain cool et simple, tout en ne troquant pas de peps, avec une guitare toujours incisive, puissante et grasse. 

Le passé stoner de feu (Texas Chainsaw) Dust Lovers paraît bien loin… Faut même farfouiller un petit peu sur Youtube ou Bandcamp pour retomber dessus, Spotify ne débutant qu’en 2017, plus ou moins en même temps que leur changement de nom. Pourtant, ce n’est pas difficile à croire qu’ils aient fait leurs armes dans le genre, qui n’est pas diamétralement opposé à ce qu’ils font maintenant non plus. Mais une oreille curieuse balayant plic-ploc leurs deux opus précédents confirment que la grande qualité de ce Green Screens ne vient pas de nulle part, ce n’est pas un spin-off ou un kif un peu coupable du groupe… Faut de la maîtrise pour réussir à produire des sons délicieusement ringards comme seules les 80s pouvaient nous donner ! Sans basculer dans de la parodie ou des paroles niaises non plus, rassurons-nous : le groupe reste fracassant, ne lésinant pas sur les effets, et ne s’accordant que vraiment très peu de temps morts. Une très chouette surprise, mon pif ne m’a une nouvelle fois pas trompé ! Plus qu’à aller écouter le reste de leur discographie maintenant.

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