Par Ale – Le 05 Septembre 2026
Genre : Occult Rock/Metal
Pays : Allemagne
Label : Auto-production
Date de sortie : 15.06.26
C’est la rentrée, l’occasion tantôt de repartir sur de bonnes bases… ou de revenir sur les tâches laissées avant les vacances. Dans le cas qui nous intéresse ici, ce n’est même pas les retardataires de l’été que l’on va retrouver, mais carrément les rescapés du printemps ! Je fais mon mea culpa : je suis très en retard pour cette critique, et les quelques-unes qui vont suivre. Mais comme dirait mon paternel : « lorsqu’on découvre quelque chose pour la première fois, c’est comme si elle était toute nouvelle »
Bref, excuses mises à part, qu’est-ce qui nous attend aujourd’hui ? Pas la bande son originale de la saga Twilight en tout cas, malgré l’artwork. En fait, on retrouve un vieil ami laissé lors de ma dernière chronique : Sven The Axe, le maître-architecte de Solemnity, à l’occasion d’un tout nouveau projet. Visiblement motivé et survitaminé, le sieur s’est permis d’être (un peu) moins gourmand en s’entourant de deux proches amis souhaitant rester anonymes pour la création de ce premier jet… Qui dure tout de même une bonne heure, comme pour « Opus Barbaricum ». Il y a de quoi admirer la charge de travail nécessaire pour sortir deux albums d’une telle durée, de styles différents, pratiquement en solo et exactement le même jour. Maintenant, espérons surtout que Sven ne se soit pas brûlé les ailes.
Si comme moi, vous étiez un peu pantois en lisant « occult metal », je vous donne le topo illico : on est sur un album truffé de power ballads, avec des morceaux au tempo tout doux et au chant clair des plus lyriques. L’album prend même des allures de road trip, avec ses titres qui fleurent bon l’aventure. Bon… l’aventure dans une forêt enchantée ou un donjon maudit plus que la route 66 mais vous comprenez l’idée. Comme pour “Opus Barbaricum”, ce “Sven The Axe” a misé sur la générosité, avec quinze titres sur la galette. C’est cool, et malgré cette opulence, aucun titre n’est franchement mauvais. Mais à l’inverse, vous le voyiez venir (surtout en sortant deux albums d’un coup pour deux projets différents) : il y a pas beaucoup de différences sur chacun de ces titres, qui finissent un peu par tous s’agglomérer pour former un ensemble assez uniforme, trop sans doute. Les power ballads sont un péché mignon sur la majorité des albums de heavy et de power qui en proposent (c’est à dire la majorité), mais précisément parce qu’on en a droit qu’à une ou deux par opus. Ici, avoir plus d’une heure sans que le rythme ne varie beaucoup rend l’album presque indigeste, et les morceaux peu mémorables. Je me souviens avoir bien aimé “Abramelin”, ”Another Brick on the Head”, “The Book of Thoth” ou “If This World Would Be Eden”, mais sans pouvoir dire sincèrement pourquoi eux plus que d’autres… et en ayant le vague souvenir que le reste n’est pas plus honteux non plus. Cela peut être une idée qui a davantage plu : des instruments un peu plus percutants sur “Abramelin”, la poésie du texte sur “If This World Would Be Eden” (et “Golden Dawn” magnifique!) , ou le chant un peu plus hargneux et désespéré sur “The Book of Thoth”. Mais au final, le diable est vraiment dans les détails ici.
Un poil dommage donc que le premier opus du projet Melancholost ait été trop gourmand. Avec 3 à 5 titres de moins (quand même oui!) et peut-être un peu plus d’audace et plus de variation dans les plaisirs, on aurait pu avoir un album très solide, et clairement plus remarquable que cet opus aux limites de l’orgiaque, qui demande presque de le picorer ci et là, comme un ballotin de pralines… qui goûterait les M&M’s. Parce que, comme eux, l’apparat est peut-être d’une couleur différente, mais la saveur tourne quand même beaucoup autour du chocolat. Et surtout, les meilleurs albums (en mon sens) restent ceux qui exigent de les découvrir du début à la fin, et nous donne la sensation d’avoir vécu tout un périple. Plutôt que d’offrir des chansons interchangeables qui ne nous bouscule toujours que dans un sens, et d’une même émotion.