446001

Par Alice – Le 05 Septembre 2026

Genre : Punk rock

Pays : Belgique

Label : Mottow Soundz

Date de sortie :  04.09.26

“Doctor Doctor, it’s been a long time”, difficile de trouver meilleure façon de commencer “Birds Of Disgrace” : six ans après leur dernier EP, « Sinners » (2020), SLOVENIANS est enfin de retour avec treize morceaux déboulant sur tout leur passage !

Fondé à Bruxelles en 2012, le groupe évolue depuis ses débuts entre punk rock, stoner, blues et hardcore. Inévitablement, le punk reste clairement la base, mais SLOVENIANS n’hésite pas à aller piocher dans d’autres horizons pour pousser encore un peu plus loin leur recette. Réduire “Birds Of Disgrace” à un énième album du genre serait donc passer à côté de ce qui fait sa force. Les riffs et les percussions qui tabassent nous ramènent constamment à cette base, mêlée à des touches de blues, à des sonorités plus vintage, à du stoner ou encore à du hardcore 80’s venant régulièrement s’ajouter à l’ensemble et participant à construire l’authenticité de cette galette.

Cette furieuse énergie, on la retrouve évidemment dans des morceaux comme “Who, Me” ou encore “Creep Inside”, qui envoient déjà un bon coup de pression, avec des accents de bon vieux hardcore, des touches ultra groovy et une grosse dose de riffs. Puis,  “Radio” et “Stay Up With You” font ressortir ce chant aux sonorités plus vintage, parfois même rocailleux, avec des accents presque Lemmy-esque. Au-delà de ces influences, SLOVENIANS possède bel et bien son identité, les mélange et en sort une recette qui lui est propre.

Parce que derrière cette musique terriblement entraînante se cache pourtant un disque nettement plus sombre. Solitude, survie, hypocrisie sociale, mal-être psychologique… le sarcasme, l’humour noir et les textes incisifs viennent gratter sous la surface. “Somebody Help” en est probablement l’un des meilleurs exemples : son riff en boucle installe une tension avant que tout ne s’emballe. Guitares, batterie, percussions, chant : tout accélère, tout se resserre et le morceau donne cette véritable sensation d’urgence qui colle parfaitement à l’ensemble.

La noirceur n’arrive évidemment pas de nulle part. En juillet 2017, le groupe perd Sinkesh Krištofik, guitariste et membre fondateur, dans un accident soudain. Cet événement remet alors en question l’avenir du groupe. Les Bruxellois choisissent pourtant de poursuivre l’aventure en son honneur, en lui dédiant “Sinners” en 2020. Des années plus tard, cette histoire résonne forcément avec ce que raconte aujourd’hui “Birds Of Disgrace”. Parce que si en surface les morceaux restent joyeux, groovy et terriblement addictifs, les textes, eux, parlent de solitude, de survie, d’une hypocrisie sociale à laquelle il est difficile d’échapper dans ce monde de merde qui nous entoure. Les questions sociales sont bien présentes, avec cette noirceur qui se glisse derrière des morceaux qui continuent pourtant de nous donner envie de bouger.

Et puis il y a les détours, ces moments où SLOVENIANS sort légèrement du cadre pour aller chercher autre chose, sans jamais perdre le fil. “Le Flues” mélange son riff punk à une ambiance vintage, avec cet harmonica qui débarque de nulle part et donne presque l’impression d’avoir atterri en plein film d’action ou baston de western. Et le pire, c’est que ça fonctionne, très, très bien même. Alors que “Zwarte Kat” joue elle aussi avec cette rencontre entre sonorités vintage et énergie plus moderne, avant de faire progressivement monter la pression jusqu’à ce que l’ensemble s’emballe complètement dans un hardcore vorace. Et quand “Don’t Wanna Wake Up” déboule il ne fait aucune pitié : difficile de ne pas imaginer le morceau en plein pit, ça donne envie de sauter partout et de se rentrer dedans au passage, toujours dans la joie et l’amour. Inévitablement, plus les morceaux défilent, plus l’énergie se resserre et nous comprime, jusqu’à nous happer complètement dans cette furie.

Sans aucune retenue, le punk reste donc aux commandes, les riffs nous fracassent encore et encore et les percussions ne nous laissent pas franchement le temps de reprendre notre souffle. Le stoner et le blues viennent simplement s’inviter par petites touches, apportant leurs propres couleurs sans jamais prendre le dessus. C’est justement ce mélange maîtrisé qui distingue SLOVENIANS d’un groupe de punk plus classique : tout se combine, tout s’entrechoque, mais rien ne vient brouiller leur identité.

Ce “Birds Of Disgrace” se termine finalement comme il a commencé : sans lever le pied. “Illumination” vient fermer la marche dans cette même énergie vorace, sans nous laisser une seconde de répit avant la dernière seconde. Treize morceaux passés comme un éclair, presque sans qu’on s’en rende compte. Six ans d’attente, une bonne grosse tarte de punk, de groove, de noirceur et de riffs qui tabassent : même si on va prendre le temps de la savourer et de la digérer, on sait déjà qu’on redemandera du rab. Et pour l’instant, on a surtout une furieuse envie de la déguster… et de fêter ça dans le pit !

Auteur/autrice