Par Alice – Le 20 Septembre 2026
Genre : Symphonic Metal
Pays : Allemange
Label : Napalm Records
Date de sortie : 07.08.26
À chaque album, notre imagination prend parfois des chemins inattendus. Avec « Eclipse », la mienne a décidé d’enfourcher un dragon. Rien à voir avec le concept imaginé par XANDRIA, mais c’est pourtant cette image qui s’est imposée dès la première écoute. Chaque morceau possède sa propre force, son propre paysage, comme autant d’étapes d’un voyage. Alors plutôt que de dérouler une chronique piste par piste, embarquons.
Après les turbulences qui ont marqué son histoire, XANDRIA semble avoir trouvé une véritable stabilité autour d’Ambre Vourvahis, arrivée au chant sur « The Wonders Still Awaiting » en 2023. Avec « Eclipse », son neuvième album, le groupe allemand poursuit cette nouvelle aventure en élargissant encore sa formule. Le metal symphonique reste au cœur du disque, mais se teinte de folk celtique, de power metal, de sonorités plus modernes et même d’un rock aux accents 80s. Un mélange qui aurait pu partir dans tous les sens, mais qui reste étonnamment cohérent.
Le voyage commence avec « Syzygy », courte introduction orchestrale et théâtrale qui nous plonge immédiatement dans l’ambiance. Quelques secondes suffisent pour comprendre que cette aventure ne sera pas faite que de grands moments épiques : il y aura des batailles, des détours et des paysages plus calmes avant de repartir de plus belle. « Eclipse » ouvre alors véritablement les portes de cet univers avec un morceau rapide et fougueux, où Ambre passe avec une facilité déconcertante du chant doux aux envolées rock, du lyrisme aux growls. Et à peine le temps de reprendre son souffle que « Colours » nous happe à son tour. Son refrain nous attrape dès les premières secondes et devient presque impossible à déloger.
« The Shannon’s Home » ralentit légèrement la cadence et apporte une nouvelle teinte à l’ensemble. Les influences folk et celtiques sont ici très présentes, avec un côté qui pourra rappeler le Nightwish de l’ère Anette Olzon. Mais cette comparaison ne résume pas le morceau : XANDRIA reprend certains codes familiers du metal symphonique tout en les intégrant à sa formule. Le morceau laisse surtout entrevoir une facette plus chaleureuse de l’album, avant que « The Grand Delusion » ne vienne tout relancer brusquement.
Cette fois, le dragon part au galop. Le morceau bascule franchement vers le power metal, porté par ses guitares, ses orchestrations et ses chœurs épiques qui donnent à l’ensemble une vraie sensation d’aventure. On se laisse facilement embarquer dans cette course vers des contrées imaginaires, au point d’en oublier presque le monde réel. À ce stade, difficile d’imaginer cette chevauchée sans notre fidèle dragon.
« Wave of Tanis » poursuit cette cavalcade avec une énergie plus légère et presque festive. Son côté rock de stade, très marqué par les années 80, apporte une nouvelle couleur au disque, tandis que son entrain communicatif et son solo de guitare donnent presque envie de rejoindre un grand banquet pour danser avant de reprendre la route.
Puis « Northstar » nous rappelle que toute aventure a aussi besoin de ses moments de repos. La ballade ouvre davantage l’espace avec ses guitares acoustiques et ses grandes orchestrations, tandis que les touches celtiques prolongent naturellement ce qui avait été amorcé avec « The Shannon’s Home ». Le rythme ralentit, le paysage change et, pendant quelques minutes, on profite simplement d’une trêve.
Et c’est aussi pour ce genre de moments que le metal symphonique gardera toujours une place particulière pour moi. J’en écoute beaucoup moins aujourd’hui qu’à mes débuts, mais c’est ce genre qui m’a ouvert les portes du metal. Il restera donc un petit péché mignon, comme certains reviennent toujours vers le heavy traditionnel ou une bonne déferlante de thrash. Alors forcément, quand XANDRIA retrouve ce côté grandiose, mélodique et presque naïf qui accompagnait mes premières découvertes musicales, quelque chose se réveille en moi.
Le calme ne dure toutefois pas. « Masquerade » fait monter la tension avant de transformer l’aventure en véritable affrontement. La batterie accélère, les blast beats s’enchaînent et les orchestrations gagnent encore en ampleur. Le contraste entre le chant clair d’Ambre et ses growls donne au morceau une vraie puissance, jusqu’à ce que tout retombe brusquement après un dernier déferlement.
Après la bataille vient une nouvelle trêve. « The Last Generation » avance d’abord avec son piano et ses cordes avant de prendre progressivement de l’ampleur, portée par le Sweet Teens Children Choir. Puis le morceau prend encore une autre dimension avec son solo de guitare aux accents presque planants. Ambre reprend le dessus, sa voix gagnant en puissance tandis que les voix d’enfants viennent se mêler à la montée orchestrale, jusqu’à un final particulièrement intense.
« The Poetry of the Real World » prolonge cette accalmie avec un titre plus léger et mélodique. Moins marquant à mes oreilles, il permet surtout de souffler. Mais la trêve touche à sa fin : il est temps de reprendre la route pour le dernier affrontement.
La dernière étape sera à la hauteur de l’épopée. « Lore » referme l’aventure avec plus de huit minutes au compteur. Le morceau rassemble l’essentiel de ce qui fait « Eclipse » : folk, orchestrations, changements de rythme, passages atmosphériques, growls et envolées lyriques. Le violon d’Ally Storch vient encore enrichir cet ensemble déjà très dense. Puis le piano ramène progressivement le calme avant une dernière montée en puissance, épique et presque mélancolique, qui vient clore le voyage.
C’est probablement là que « Eclipse » trouve sa principale force. XANDRIA ne cherche pas à réinventer complètement son metal symphonique, mais à lui apporter de nouveaux chemins. Les influences sont nombreuses, parfois très éloignées les unes des autres, mais elles trouvent leur place sans donner l’impression d’écouter une simple succession de styles.
Tout n’est pourtant pas parfait. À force de jouer avec les mêmes ingrédients, certaines recettes finissent par devenir familières. Quelques passages sont donc plus prévisibles et certains morceaux nous marquent moins que d’autres. Cela ne suffit pas à casser le voyage, mais rappelle parfois que même une aventure particulièrement riche connaît quelques détours que l’on traverse avec un peu moins d’émerveillement.
Pour autant, un voyage réussi est surtout celui qui donne envie de repartir. Et c’est finalement ce que je retiens de « Eclipse » : malgré quelques réserves, l’album possède suffisamment de relief, de changements d’atmosphère et de moments épiques pour donner envie de refaire le voyage une fois arrivé au bout. Peut-être pour retrouver un paysage particulier, peut-être pour redécouvrir un morceau passé un peu trop vite lors de la première traversée.
Et si, après plusieurs écoutes, vous commencez déjà à imaginer notre prochaine aventure à dos de dragon, de griffon ou même d’hippogriffe… c’est probablement que XANDRIA a réussi son coup. À chaque album, notre imagination prend parfois des chemins inattendus. Avec « Eclipse », la mienne a décidé d’enfourcher un dragon. Rien à voir avec le concept imaginé par XANDRIA, mais c’est pourtant cette image qui s’est imposée dès la première écoute. Chaque morceau possède sa propre force, son propre univers, comme autant de scènes qui composent un véritable film. Car « Eclipse » est avant tout un album profondément cinématographique : les orchestrations, les changements d’atmosphère et les nombreuses influences donnent l’impression de traverser une histoire qui se dévoile au fil des morceaux. Alors, pour comprendre où XANDRIA nous emmène, embarquons.
Après les turbulences qui ont marqué son histoire, XANDRIA semble avoir trouvé une véritable stabilité autour d’Ambre Vourvahis, arrivée au chant sur « The Wonders Still Awaiting » en 2023. Avec « Eclipse », son neuvième album, le groupe allemand poursuit cette nouvelle aventure en élargissant encore sa formule. Le metal symphonique reste au cœur du disque, mais se teinte de folk celtique, de power metal, de sonorités plus modernes et même d’un rock aux accents 80s. Un mélange qui aurait pu partir dans tous les sens, mais qui reste étonnamment cohérent.
« Syzygy », courte introduction orchestrale et théâtrale, installe d’emblée les premières images de cette histoire. Quelques secondes suffisent pour comprendre que celle-ci ne sera pas faite que de grands moments épiques : il y aura des batailles, des détours et des accalmies avant de repartir de plus belle. « Eclipse » ouvre alors véritablement les portes de cet univers avec un morceau rapide et fougueux, où Ambre passe avec une facilité déconcertante du chant doux aux envolées rock, du lyrisme aux growls. Et à peine le temps de reprendre son souffle que « Colours » nous happe à son tour. Son refrain nous attrape dès les premières secondes et devient presque impossible à déloger.
« The Shannon’s Home » ralentit légèrement la cadence et apporte une nouvelle teinte à l’ensemble. Les influences folk et celtiques sont ici très présentes, avec un côté qui pourra rappeler le Nightwish de l’ère Anette Olzon. Mais cette comparaison ne résume pas le morceau : XANDRIA reprend certains codes familiers du metal symphonique tout en les intégrant à sa formule. Le morceau laisse surtout entrevoir une facette plus chaleureuse de l’album. Une parenthèse avant que le décor ne change à nouveau.
Et justement, « The Grand Delusion » fait brusquement monter le rythme. Le morceau bascule franchement vers le power metal, porté par ses guitares, ses orchestrations et ses chœurs épiques qui donnent à l’ensemble une vraie sensation d’aventure. La chevauchée gagne alors en intensité : on traverse des contrées imaginaires à vive allure, au point d’en oublier presque le monde réel. Difficile de ne pas se laisser emporter par cette course, comme si notre dragon avait enfin trouvé de quoi donner libre cours à son élan.
« Wave of Tanis » poursuit cette cavalcade avec une énergie plus légère et presque festive. Son côté rock de stade, très marqué par les années 80, apporte une nouvelle couleur au disque, tandis que son entrain communicatif et son solo de guitare donnent presque envie de rejoindre un grand banquet pour danser avant de reprendre la route.
Puis « Northstar » nous rappelle que toute aventure a aussi besoin de ses moments de repos. La ballade ouvre davantage l’espace avec ses guitares acoustiques et ses grandes orchestrations, tandis que les touches celtiques prolongent naturellement ce qui avait été amorcé avec « The Shannon’s Home ». Le rythme ralentit, l’atmosphère se fait plus douce et pendant quelques minutes, on profite simplement d’une trêve.
Et c’est aussi pour ce genre de moments que le metal symphonique gardera toujours une place particulière pour moi. J’en écoute beaucoup moins aujourd’hui qu’à mes débuts, mais c’est ce genre qui m’a ouvert les portes du metal. Il restera donc un petit péché mignon, comme certains reviennent toujours vers le heavy traditionnel ou une bonne déferlante de thrash. Alors forcément, quand XANDRIA retrouve ce côté grandiose, mélodique et presque naïf qui accompagnait mes premières découvertes musicales, quelque chose se réveille en moi.
Le calme est de courte durée : « Masquerade » fait monter la tension avant de transformer cette parenthèse en véritable affrontement. La batterie accélère, les blast beats s’enchaînent et les orchestrations gagnent encore en ampleur. Le contraste entre le chant clair d’Ambre et ses growls donne au morceau une vraie puissance, jusqu’à ce que tout retombe brusquement après un dernier déferlement.
Après la bataille vient une nouvelle trêve : « The Last Generation » avance d’abord avec son piano et ses cordes avant de prendre progressivement de l’ampleur, portée par le Sweet Teens Children Choir. Puis le morceau prend encore une autre dimension avec son solo de guitare aux accents presque planants. Ambre reprend le dessus, sa voix gagnant en puissance tandis que les voix d’enfants viennent se mêler à la montée orchestrale, jusqu’à un final particulièrement intense.
« The Poetry of the Real World » prolonge cette trêve avec un titre plus léger et mélodique. Moins marquant à mes oreilles, il permet surtout de souffler. Mais ce répit touche à sa fin : il est temps de reprendre la route pour le dernier affrontement.
La dernière étape sera à la hauteur de l’épopée. « Lore » referme cette traversée avec plus de huit minutes au compteur. Le morceau rassemble l’essentiel de ce qui fait « Eclipse » : folk, orchestrations, changements de rythme, passages atmosphériques, growls et envolées lyriques. Le violon d’Ally Storch vient encore enrichir cet ensemble déjà très dense. Puis le piano ramène progressivement le calme avant une dernière montée en puissance, épique et presque mélancolique, qui vient clore cette épopée.
C’est probablement là que « Eclipse » trouve sa principale force. XANDRIA ne cherche pas à réinventer complètement son metal symphonique, mais à lui apporter de nouveaux horizons. Les influences sont nombreuses, parfois très éloignées les unes des autres, mais elles trouvent leur place sans donner l’impression d’écouter une simple succession de styles.
Tout n’est pourtant pas parfait. À force de jouer avec les mêmes ingrédients, certaines recettes finissent par devenir familières. Quelques passages sont donc plus prévisibles et certains morceaux nous marquent moins que d’autres. Cela ne suffit pas à casser l’immersion, mais rappelle parfois que même une aventure particulièrement riche connaît quelques détours que l’on traverse avec un peu moins d’émerveillement.
Pour autant, un bon périple est surtout celui qui donne envie de repartir. Et c’est finalement ce que je retiens de « Eclipse » : malgré quelques réserves, l’album possède suffisamment de relief, de changements d’atmosphère et de moments épiques pour donner envie de remonter en selle une fois arrivé au bout. Peut-être pour retrouver un passage particulier, peut-être pour redécouvrir un morceau passé un peu trop vite lors de la première écoute.
Et si, après plusieurs écoutes, vous commencez déjà à imaginer la prochaine expédition, toujours à dos de dragon, mais pourquoi pas cette fois avec un griffon ou même un hippogriffe… c’est probablement que XANDRIA a réussi son coup.