Par Ale – Le 18 Octobre 2026
Genre : Art Rock
Pays : Royaume-Uni
Label : Church Road Records
Date de sortie : 26.06.26
Avant même de lancer le disque, Sans Froid m’agace !! Déjà, je n’arrête pas de les confondre avec Sang Froid depuis que j’ai reçu le press kit dans ma boîte mail. Ensuite, malgré leur nom en bon français, ils viennent d’Angleterre. Et leur artwork est vraiment cursed, même s’il est clairement approprié vu le genre dans lequel ils officient, et j’imagine le titre de ce second opus. A toute fin utile, je précise que je plaisante en vous racontant tout ceci… Le quartet piquant ma curiosité avec tout ces éléments plus qu’il ne m’énerve réellement. A voir maintenant si cette curiosité sera récompensée ou pas.
Bon, déjà, on est clairement sur du moins abscons que ce que le genre pouvait laisser entendre, et de moins macabre que l’esthétique de l’artwork pouvait aussi le laisser croire. Non pas que la musique de Sans Froid soit toute lisse et convenue non plus, il y a une alternance de tempos, parfois un peu dissonants, et une énergie punky plutôt sympa ! Ce qui marque d’emblée, c’est justement cette alternance entre passages plus doux et éthérés, et moments plus musclés, plus rageurs ! Tant dans l’œuvre des instruments que dans le chant. Le final de « Pros & Constants » en est un exemple éloquent, puisqu’il est bien tranchant et puissant, en contraste avec le début plus calme. Le chant sur « Still Thinking », et surtout ce jeu sur la rythmique, est un vrai point fort ! La plage tutélaire est un autre bon exemple : elle commence comme un vrai bonbon, avant de pétarader assez rapidement, avec un travail admirable sur la batterie et des riffs assez caustiques. Là aussi, sans être particulièrement violent, ça part dans tous les sens. Il y a un côté « bordel organisé » qui plaît bien, et surtout qui fonctionne ! « Sorbet » est plus posé, plus contemplatif, un peu lugubre aussi dans son côté moody. Presque sans paroles d’ailleurs. « Menorabilia » reprend un peu de force, mais garde un chant lyrique, presque lointain, d’une grande légèreté. « Of The Mother » reprend un peu de cette recette, avec un côté plus épique, plus désespéré, plus émotionnel. Il paraît encore mieux du coup, alors que “Menorabilia” était déjà très sympa ! « Bags Packed » est vraiment posée, sans doute le titre le moins mastoc juste derrière Sorbet, avec un groove plus minimaliste, quasiment hypnotique. Le rythme du chant de « The Exploiter of Art » est aussi diablement efficace, et le titre se veut le plus (évidemment) militant de la galette, même si l’album entier l’est évidemment. Encore un titre qui se présente comme un couteau-suisse rythmique, sans jamais déplaire ou paraître dissonant.
OK… j’ai menti… « Thorns » est le réel titre le plus tendre de la galette, celui qui vient clôturer l’opus, comme il est de coutume. Un petit piano discret, un chant fragile… c’est pratiquement cliché, c’est vrai. Mais y’a rien à faire : les groupes continuent de finir leurs albums ainsi parce que ça fonctionne. C’est comme une façon timide et délicate de nous dire au revoir, et bien que la musique de Sans Froid ne soit pas particulièrement méchante avec nos tympans, ça fait plaisir de se quitter avec une accalmie.
Le tout donne un album très digeste à la durée mesurée… on dirait presque un poil trop court même, malgré sa durée classique de dix titres (onze si on compte les 23 secondes de « Baby Bags »). Bien qu’il ne soit pas spécialement soft, à part sur une poignée de titres, on aurait aimé qu’il soit encore un poil plus hargneux sur une chanson ou deux, surtout au vu des thématiques pas franchement faciles qu’il traite (féminité et maternité entre autre… au cas où ce n’était pas encore assez évident). Mais il n’empêche que ce deuxième opus est audacieux dans la structure de ses morceaux, qui nous prennent souvent à revers. Une chouette découverte, qui semble manquer de vraiment pas grand chose pour se hisser vers le franchement remarquable. Peut-être un poil plus de spectacle… ou à l’inverse : encore un peu plus de folie et de partis-pris saugrenus !