Par Alice – Le 25 Octobre 2026
Genre : Black Metal Mélodique
Pays : France
Label : Les Acteurs de l’Ombre
Date de sortie : 16.10.26
Décidément, 2026 est mon année de réconciliation, ou plutôt d’exploration, du black metal. Un genre que j’apprivoise petit à petit, au fil des découvertes. Mais lorsqu’une thématique, un univers et une véritable histoire viennent s’y mêler, il devient tout de suite plus facile de se laisser embarquer, voire ensorceler.
Découverts en première partie d’Aephanemer, Les Bâtards du Roi ont immédiatement capté mon attention. Avec leur black metal mélodique aux accents médiévaux et leur univers narratif, le groupe coche déjà toutes les cases. Signés chez Les Acteurs de l’Ombre Productions, ils s’inscrivent dans une scène française qui sait donner vie à des univers singuliers. Un an presque jour pour jour après « Les Chemins de l’Exil », ils reviennent avec « Ici meurt ma joie », un EP de trois titres qui prolonge les aventures de nos frères bâtards. Par ailleurs, le trio est désormais un quatuor, avec l’arrivée de Barron à la basse, aux côtés de Régicide au chant et à la guitare, Aeni à la guitare et aux chœurs, et Daemonicus à la batterie.
Petit retour en arrière pour ceux qui auraient manqué le début. Deux frères, les bâtards du roi, commettent un régicide qui précipite leur royaume dans la déchéance. Contraints de fuir les terres qu’ils ont eux-mêmes condamnées, ils entament un long exil à travers des paysages dévastés. Dans « Ici meurt ma joie », leur périple les conduit jusqu’à un village oublié du monde, où règnent superstition et cultes anciens. Un cercle de sorcières y exerce son emprise, tandis que l’une d’elles attire progressivement les frères jusqu’à un sabbat où les frontières entre le réel, le sacré et le profane s’effacent.
Ces trois morceaux suffisent à nous plonger dans ce nouveau chapitre, où l’atmosphère se fait plus brute et l’urgence plus palpable. Dès « Ici meurt ma joie », le ton est donné : les blast beats et les riffs incisifs installent une tension que viennent ponctuer des passages plus posés. Ces respirations mélodiques ne suspendent pas le récit ; elles en soulignent plutôt les contrastes, comme une accalmie trompeuse avant que les événements ne s’emballent à nouveau.
Et quel plaisir de pouvoir savourer chaque détail grâce à une production aussi soignée ! Le son reste clair, les instruments se distinguent parfaitement et le chant en français permet de saisir les paroles sans difficulté. Une vraie force pour un groupe dont l’écriture occupe une place aussi importante : on peut suivre le récit, apprécier la richesse des arrangements et se laisser porter par cette fresque médiévale sans perdre une miette de l’histoire.
Puis arrive la pièce maîtresse, « Et la nuit s’éternise », avec l’entrée en scène d’une nouvelle protagoniste dans cette sombre escapade. Diffamie, chanteuse de Galibot, apporte sa voix au morceau, qui s’ouvre sur un chant clair et envoûtant avant de gagner progressivement en intensité jusqu’aux vocaux hurlés. Cette montée en puissance accompagne parfaitement l’atmosphère trouble du récit, tandis que cette présence féminine vient enrichir l’histoire et donner davantage de relief à la figure de la sorcière.
Le voyage se poursuit enfin avec « Où pourrit la lumière ». Les passages plus lents et désespérés y côtoient des séquences incisives, laissant la mélancolie affleurer avant que la tension ne reprenne le dessus. Le décor est désormais planté, les protagonistes se sont enfoncés un peu plus loin dans leur exil et cette halte au village laisse entrevoir de nouveaux tourments. L’histoire, elle, est loin d’avoir livré tous ses secrets et péripéties.
Avec « Ici meurt ma joie », Les Bâtards du Roi poursuivent leur épopée médiévale en mêlant black metal mélodique, narration et atmosphères contrastées. Ce nouvel EP s’écoute comme un chapitre supplémentaire, une étape entre deux albums qui permet de retrouver les deux frères là où nous les avions laissés, avant de les accompagner vers la suite de leur périple. Et maintenant que le fil de leur histoire est bien engagé, il me tarde de découvrir où leurs pas les mèneront ensuite.