Par Ale – Le 07 Novembre 2026
Genre : Electro Indus
Pays : France
Label : Wire Control
Date de sortie : 25.09.26
La dernière fois que l’on a vu Horskh, c’était pour le très cool « Body » il y a deux ans à peu près. Depuis lors, ils me font chier car je ne sais jamais où foutre le H de leur nom, mais ça a été un vrai plaisir de s’abreuver de leurs morceaux foutraques et péchus, toujours d’une durée mesurée, offrant de véritables ballotins de pralines d’adrénaline. Ce MTNT (dont j’ignore toujours la signification, mais je suis peut-être juste aveugle) ne déroge pas aux bases : une dizaine de titres, et une durée juste sous la demi-heure, pour un album certes court, mais qui ne gaspille aucune miette pour nous gueuler dans les oreilles.
En revanche, j’avoue qu’en relisant la promo (et en gardant en tête qu’une promo est forcément toujours conçue un minimum pour mettre l’eau à la bouche), je suis un peu perplexe. On nous dit que le trio veut « élargir ses horizons sonores » avec un disque « dense et novateur ». Le groupe lui-même (en tout cas l’un de membres) nous affirme que l’album est plus bavard (ça c’est vrai), mais aussi plus violent (pas forcément plus que les deux albums précédents?). C’est un peu puéril de venir chercher la petite bête et chipoter sur les mots, mais disons pour la faire courte que ce MTNT ne réinvente pas franchement la roue non plus, et ne va pas franchement dépayser les fans de Body et Wire. Horskh n’a jamais fait dans la finesse, et encore moins dans la délicatesse. Et même s’il y a effectivement quelques titres bien hargneux (« Twisted Flesh », meilleur titre de l’opus pour moi, ou « Bad Glitch »), je ne dirai pas que l’album est particulièrement plus brutal que ce que l’on a pu avoir avec « Turbine ON », « XLUNGX », « Cut The Knot » ou « Mud In My Wheels » … Après, je n’étais pas en studio avec le groupe et j’ai aucune prétention de m’y connaître en composition, ou en technique en général. Mais à titre personnel, je trouve même ce MTNT presque « plus sage », avec des titres comme « The Party Is Over » et « Strange Game » qui lèvent le pied et prennent le temps de poser une ambiance. Pas de quoi prendre le thé chez mamie non plus, mais on est sur du plus taiseux et contemplatif.
Finalement, le plus gros péché de l’album en mon sens, c’est peut-être son manque de vrai tube, de vraie chanson signature. Que ce soit par une construction audacieuse et inattendue, par vraie rupture avec le reste de l’opus, ou même simplement par sa force et sa vélocité. Les quelques titres d’anciens albums mentionnés plus haut servent certes d’exemples maousses, mais ce sont aussi des morceaux qui sont restés à hurler dans mon crâne pendant des semaines, et auxquels je pense toujours en évoquant le trio. Alors qu’après trois écoutes de MTNT… y’a rien à faire. Aucun titre ne veut s’agglutiner à mes neurones pour me faire chantonner aux moments les plus aléatoires de ma journée. Même le titre réalisé en collaboration avec Carpenter Brut est finalement assez anecdotique. Très judicieusement placé en fin de galette, il offre un bel épilogue plutôt dansant. Mais il peine lui aussi à réellement captiver.
Un peu dommage sachant que les thématiques de l’album sont plutôt fraîches et intéressantes, et on saluera toujours l’envie d’essayer des trucs plutôt que de camper sa recette qui marche. Être plus bavard, pourquoi pas : la musique de Horskh a toujours fait la part belle aux paroles, et le chant fait partie intégrante de leur son, la voix étant parfois plus enragée encore que l’instru ! Mais les dix morceaux s’enchaînent sans réellement s’affirmer, sans se démarquer par une identité propre. On aurait presque envie de dire que le groupe… est trop sage ! On aurait aimé le voir plus expérimental, plus fou, plus versatile. Ici, le tir est presque trop concentré. Ce qui donne, en mon sens, un album pas foncièrement mauvais, mais franchement un peu fadasse.