BRÜLE - Beltane

Par Ale – Le 18 Mai 2026

Genre : Heavy / Doom

Pays : France

Label : Autoproduction

Date de sortie :  01.05.26

“Beltane” (ou Beltaine) est le nom d’une fête celtique célébrée le 1er mai. De fait, je me demande si Brüle attend depuis des mois avec un album finalisé rien que pour avoir le privilège de le sortir à la bonne date. Heureusement que Helloween n’a pas attendu le 31 octobre pour sortir chacun de ses dix-sept albums ! Je taquine bêtement, mais il me fait de l’œil ce “Beltane” avec sa jolie pochette, et ses titres dont aucun ne fait moins de cinq minutes. Il me faut rarement grand chose pour capter mon attention et me donner envie de découvrir un artiste. Et autant le doom reste un genre que je maîtrise peu, autant le voir associé au heavy me rassure.

Et si vous êtes dans le même cas, vous devriez être rassurés aussi ! Sitôt que l’on lance “Thélème” (le titre qui débute l’opus), on se rend compte de deux choses : d’une part, l’aspect doom partage allègrement sa place avec le heavy, et même plus franchement le stoner. A moins d’être totalement réfractaires aux genres plus lourds et lents, il y a normalement de quoi ouvrir une timide porte d’entrée, de tremper un bout d’orteil dans le marécage et d’en sortir indemne. Le deuxième élément surprenant, c’est qu’on a droit à un peu de chant en français ! C’est tellement rare au sein du metal, si ce n’est chez ADX et un chouïa chez Les Tambours du Bronx (bon ok… et chez Ultra Vomit). Parce que ça sonne moins bien peut-être, ou plus vraisemblablement pour mieux s’exporter. Mais c’est rafraîchissant au milieu de toute cette anglophonie, qui n’est qu’à peine chatouillée par la NDH et son allemand. Brüle reste frileux (ha ha) malheureusement, et il n’y a guère que “Thélème” qui ose s’exprimer dans la langue maternelle de ses créateurs. Mais ça offre une injection d’originalité très plaisante.

Bon… quand je dis que Brüle peut vous parler si vous n’aimez pas le doom, c’est plus dans le sens de “I Am The Black Hole” : ses deux dernières minutes sont intenses, explosives et plus punchy. Mais plus de la moitié reste lourde, épaisse et lente ! Idem pour “Eyes Of God”, qui lui reste plus fermement ancré dans cette dimension doom bien collante, bien lugubre et grasse. “The Wild Hunt” est même pleinement doomy, aucun soubresaut dans le tempo tout du long de ses cinq minutes. “Hollow Child” suit le schéma inverse de “I Am The Black Hole”, avec sa première moitié fracassante et endiablée, suivi de sa seconde moitié largement plus glauque, avec ses allures de messe noire et son pas lourd et traînant comme un sac d’enclumes… jusqu’au sprint final, évidemment ! On commence à avoir l’habitude de la technique, mais tant qu’elle fonctionne. Parlant de messe noire… “Enter The Cult” poursuit. Même recette que sur “I Am The Black Hole” encore, mais avec un pont très sympa en plus, et tout un final purement instrumental plutôt péchu ! “War Machine” est le dernier titre de la galette, et aussi le plus long (là aussi : on en a l’habitude). Là aussi l’un des morceaux les plus franchements doomesque, avec juste un peu de mordant pour le final (et vraiment genre la dernière minute). Pourtant, que ce soit par sa gratte tronçonnante comme par son texte (et dans mon cas : sa longueur permettant de pleinement s’imprégner et s’immerger dans ce que le morceau propose), il s’agit certainement de l’une des meilleures chansons de l’album.

En clair, j’ai peut-être un peu grossi le trait : si vous êtes totalement réfractaire au genre, pas sûr que Beltane sera l’album du coup de foudre. Brüle ne provoque pas de révolution non plus, mais signe un second album bien fichu, qui se permet de gonfler les BPM de manière parcimonieuse et toujours juste. Mais allez… prochaine fois, un ou deux titres supplémentaires en français feraient vraiment plaisir !

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