CYBORG ZERO - Zero

Par Ale – Le 21 Mai 2026

Genre : Blues Punk Rock

Pays : Italie 

Label : Go Down Records

Date de sortie :  08.05.26

Tout autour de ce projet « Cyborg Zero » et leur album « Zero » semble calibré pour me plaire. Déjà, ça sort sur Go Down Records, l’autre label qui ne me déçoit jamais avec Magnetic Eye. Le duo est italien… du moins je le crois (disons que l’italien et l’Italie semblent graviter pas mal autour du projet du moins), et tout comme les projets nébuleux français oeuvrant dans des genres tout aussi exotiques : les groupes italiens me charment bien plus qu’ils me laissent perplexes. Comment ne pas parler de l’imagerie du groupe ? Qu’il s’agisse de leur dégaine comme de leurs photos promos ou de leurs pochettes. Et alors proposer du punk rock bien à l’ancienne, typé Iggy Pop, c’est-à-dire pas seulement rétro mais pratiquement de l’ordre de l’antiquité (mes respects à l’Iguane cela dit) ? Ouaip… Clairement, l’enthousiasme que j’ai à découvrir ce Zero est démentiel, même si le groupe n’y est pour rien. Sachez tout de même que cet opus, le premier sur Go Down Records, est un remaster de leur premier jet autoproduit baptisé « 0 » (ne riez pas!), avec tout de même deux nouveaux morceaux pour l’occasion. Mais dans le cadre de cette chronique, comme souvent, ça n’importe que très peu : on va juger ce Zero comme un album indépendant, comme la découverte qu’il est pour votre serviteur.

L’album débute avec les deux inédits : un move intéressant pour directement justifier la redécouverte de Zero aux fans de la première heure, mais qui ne leur laisse donc plus vraiment de surprises pour le reste du disque (mais bon, il fait 32 minutes pour onze morceaux, juste ce qu’il faut pour se donner une patate d’enfer en sortant du lit pour préparer sa journée). Concernant les novices, l’entrée en matière ne perd pas une seconde pour nous accabler d’une grêle de coups de poings ! Pas de long discours, pas d’intro à rallonge : on plonge directement bien dans le vif du sujet pour tout casser. Après le « Skool » tout neuf, on a droit à « Surfin’ On Mars », tout neuf aussi et au refrain aussi simple que diaboliquement entêtant ! « Tu Tu Tutu Tu Tu » (on n’a pas oublié un « tu », nous avons vérifié) vient ajouter le « blues » promis par le press-kit, pardon…du « cyborg-blues » comme le rappelle plusieurs fois le titre !  Pétaradant et puissant, il est aussi impeccablement groovy, comme escompté. « Gaw » est dans la même trempe, très bon aussi, et encore plus saturé ! « La Lalla Lalla » est également une bombe hyper catchy, au refrain presque honteux (qui ose encore les « lalla lalla » en 2026?), mais qui est encore une fois… cruellement efficace.

« One Crap » est un peu moins notable, bien que tout à fait correct. « Rock & Real » se permet d’être plus strident que jamais, mais reste timide alors que ça aurait été une chouette idée ! On se contentera d’un crescendo très savoureux quand même. Chouette pont aussi sur « Hey Hey Hey Ha Ha Ha » (ils aiment bien les onomatopées). « Duu Ah Duu Ah » (mais décidément!) est le titre langoureux et enivrant de la galette, marquant un temps de pause pour s’offrir un passage tout en émotions… autant que peut l’offrir du cyborg-blues en tout cas. Il remplit son office très correctement, et se veut franchement chouette même si un peu cliché (sans exclure que ce ne soit pas fait exprès… en atteste le gros bisou moelleux qui clôture le titre!) « Danger » s’illustre avec ses effets, heureusement plus marqués que sur « Rock & Real », même si on aurait aimé un vrai délire en mode « scratchocaster », mais n’est pas Tom Morello qui veut j’imagine ! « Move On », fidèle à son nom, galope réellement avec sa batterie, pour nous offrir un joli bouquet final, au rythme saccadé et éreintant, et bien sûr… un ultime tour de force pour clore l’album, avec deux feux d’artifices courts et intenses, au milieu et en bout de piste.

Nous étions prévenus : Cyborg Zero dépoussière ses morceaux, inspirés eux-mêmes de genres poussiéreux (toujours la bise à Iggy Pop, promis on t’aime beaucoup!) Mais à défaut de sortir des sentiers battus, on va surtout éviter de sortir de nos gonds parce que bon sang… C’est une demi-heure de purée impeccablement faite, où pas une seconde n’est de trop, et où l’ennui n’a clairement pas le temps de s’installer parce que chaque titre est à la fois court et plein de punch. Plus qu’à espérer que si l’on doit encore attendre cinq ans pour la suite, on aura droit à un album complet de nouveautés (reste à voir s’il s’appellera « ? », « 00110000 » ou encore « Zer0 » pour rester dans le thème).

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