Par Ale – Le 13 Février 2026
Genre : Dark Rock/Metal Industriel
Pays : Allemagne
Label : Out Of Line Music
Date de sortie : 17.10.25
Cela fait un moment que je n’ai plus chroniqué de metal industriel, d’autant plus venant d’Allemagne. Plus encore que d’autres genres devenus désespérément classiques, la scène indus germanique semble prise dans une boucle temporelle… Et même pas une boucle qui peut encore trouver mes faveurs comme du bon vieux thrash à l’ancienne ou du power bien kitsch. Mon crédo en matière de metal indus, c’est plutôt au mieux le caractère abrasif, froid et cra-cra de l’époque Rammstein-Oomph ! (à l’époque où les deux groupes sortaient encore de bons albums) ou bien les débuts de Nine Inch Nails. Ou alors un délire quasi-techno comme peuvent le faire les petits génies de KMFDM. Mais le metal industriel moderne… quel ennui. On perd totalement l’aspect mécanique qui, dans ma tête au moins, donne son nom au genre « industriel ». On a des vagues effluves d’électronique souvent trop timides, qui semblent mises plus pour remplir un cahier de charges que par envie d’élever un morceau. Et si tout le monde n’a pas la grosse voix de Lindemann ou la rage explosive de Dero, est-ce une raison pour systématiquement avoir un chant clair empreint d’émotions ? Non pas que l’indus ne peut pas être beau et poétique, mais un peu de diversité serait le bienvenu. Que l’indus garde sa couleur bleu-gris métallisé ou un gris délavé, balafré de rouille. L’acier inoxydable, c’est pour le heavy !
Bref, le jeune âge d’Erdling me faisait craindre le pire. Savoir que le groupe contient des rescapés de Stalhmann (groupe que j’abhorre, désolé les gars, ce n’est rien contre vous en tant que personnes) ne me rassurait guère non plus. Mais voir les termes « dark rock » à côté de « metal indus » m’ont donné un peu d’espoir de revoir de l’indus un peu plus glauque. Le résultat est au final… pas si pire ? Les comparaisons à Rammstein (ère Reise Reise/Rosenrot surtout) vont toujours bon train, comme s’il était décidément impossible de ne pas penser aux rois du barbecue sitôt que l’on fait du bruit en allemand. Et ça manque toujours un peu d’expérimentations électroniques bizarres et glacées à mon goût. Mais en revanche, le groupe ne lésine pas en matière de force de frappe. Chaque titre ou presque est une vraie grêle de missiles, dont le chant est rauque comme si le chanteur manquait de cracher de grosses glaires, tandis que la gratte vrombit avec perte et fracas… Avec même quelques fulgurances, comme le (petit) pont sur « Dominus Omnium » qui vient annoncer le climax du titre.
Bon, il y a quand même des choix plus discutables. « Miasma » et son chant plus clair et ses allures de fancy fair me laissent assez pantois. Sans blagues… on dirait du Kyo ! « Steh den Sturm », qui vient juste après, semble être un mélange des deux titres. Le pont est un (peu) plus long et encore meilleur, et s’il est encore un peu trop lumineux, il s’en sort pas mal en me faisant penser cette fois à du Eisbrecher. Quand je vous dit que le genre tourne beaucoup en rond ! Rien de plus à dire sur « Los Los Los » : même recette que son prédécesseur. « Hinter dunklen Wolken » et son chant plus posé et doux ne trouve pas tant mes grâces non plus, mais je dois avouer que son hook, aussi simple et répétitif qu’il puisse être, ne fonctionne pas trop mal. « Zerspreng die Ketten » et « Mana » renvoient un peu de patate très bienvenues, puis on arrive vite fait à la fin de l’album, sans davantage de remous. « Sternenschimmer » est la power ballad de clôture à laquelle tout le monde s’attend à la fin d’un album. Le pont est plutôt sympa, bien que trop lumineux encore à mes yeux. Il fait son office, mais sans éclat. Et pour terminer cette chronique sur le jeu des comparaisons… Bah on est loin d’Amour et Nebel signés R+ quand même.
En somme, Erdling tombe quand même dans la majorité des travers que je (emphase sur l’emploi de la première personne) déplore dans le metal industriel moderne, et germanique tout particulièrement. On s’entend, ce n’est pas tellement que le genre ait évolué dans une direction qui ne me plait pas particulièrement qui me désole, c’est plutôt que tout le monde ait repris l’exacte même recette et l’applique ad nauseam depuis bien vingt ans maintenant. Mais quand même, en comparaison aux quelques albums récents qui ont provoqué mon divorce avec la NDH/le metal indus, Erdling s’en sort avec un peu plus de panache. Pas sûr que je retourne vers Mana un jour… Mais quand le groupe montre les crocs, indéniablement, il sait faire plaisir.