Par Alice – Le 14 Août 2024
Après l’“échauffement” du jeudi, c’est reparti pour un tour ! Ce vendredi va être sportif sous ce soleil de plomb et les prestations vont plus être plus qu’à la hauteur de mes espérances avec de nombreux coups de cœur (Machine Head, Textures, Gozu, Kanonenfieber notamment) Mais soulignons surtout la présence de deux affiches totalement opposées entre le groove ravageur de Machine Head et le Rock Alternatif survitaminé de Shaka Ponk qui est d’ailleurs en pleine tournée d’adieux.
Nous commençons cette matinée en douceur avec les français de 7 Weeks venus défendre leur nouvel album “Fade Into Blurred Lines” sorti l’an dernier. Autant dire que sous ce soleil déjà brûlant, on voyage à travers de légères sonorités Stoner. Il est seulement 11 h 00, le public est donc plutôt clairsemé mais la formation française réussit à nous séduire ! La matinée est toujours l’occasion idéale pour faire de belles découvertes et mettre en lumière des talents bien de chez nous.
Je profite de cette difficulté à vivre pleinement ce concert pour filer à la Valley alors que Devil’s Trade y est déjà bien installé. La formation hongroise a notamment gagné en visibilité en 2021 alors qu’elle ouvrait sur la tournée acoustique d’Amenra. Et pour les nouveaux venus ou curieux pour qui ce nom est encore trop vague, le dépaysement va être riche en émotion. L’ensemble est mené par le frontman Dávid Makó qui nous transporte à travers son Dark Folk ambiant. Sa douceur vocale vogue entre des morceaux en anglais et en hongrois qui ont pour point commun de se révéler très poétiques. Leur mélancolie est d’ailleurs saisissante et ne manque pas de prendre aux tripes. Simplement, Devil’s Trade offre ici un moment hors du temps et d’une beauté instable !
Mon périple du jour se poursuit sur la Warzone, pour un nouveau changement de genre radical. Vite oublié la musique contemplative, place ici a de la musique de geek. J’avoue qu’avec les nombreux renouvellements dans le line-up de Smash Hit Combo, je n’ai pas forcément suivi leur actualité depuis longtemps. Mais, c’est le genre de groupe qu’on retrouve dans tous les festivals et qui permettent de passer un moment. Même si je ne les ai pas vus depuis 2018 voyons ce que donne ce Smash Hit Combo 3.0. Leur mélange de Rapcore et Deathcore nous parle (en français) de jeux vidéos et d’univers rétro. Si les plus nostalgiques espèrent retrouver des morceaux de la première heure (issus de “No Life” et “Reset” pour ma part) ce sont surtout les nouveaux morceaux issus de leur EP “Terreur Nocturne” qui sont mis en avant. La formule ne change pas, les deux vocalistes se répondent entre screams et chant clair rappé. Dans la fosse ça se bouscule et entre deux morceaux, le ton est à la rigolade. De mon côté, ce Smash Hit Combo 2.0 ou 3.0 ne prend pas… Je ne me retrouve pas tellement dans les nouveaux morceaux qui me paraissent assez convenus et surtout prévisibles. Mais on ne peut pas leur reprocher cette envie d’en découdre, l’ambiance reste très conviviale même si brutale. Et puis ne cachons pas que les deux frontmen avaient bien envie de faire la fête durant (et après) ce concert qui en a secoué plus d’un. Donc, 3.0 je ne sais pas mais 1 partout la balle au centre.
Promis, voici du positif, je retourne sur la Valley où je trouve toujours mon bonheur ! Et effectivement, Gozu va nous régaler à l’heure du repas avec son Stoner bien gras. Durant quarante minutes, le trio nous livre une prestation détonante. Les riffs jonglent entre différentes cadences à la fois groovy, acerbes ou fuzzy accompagnées d’une technicité frappante. Un peu à l’instar d’un Red Fang encore plus imbibé, le chant est caverneux et lancinant. Il s’accorde parfaitement à cette équation musicale d’ailleurs. Ici, nous sommes surtout frappés par l’énergie et le plaisir de jouer des Bostonnais ! Le sourire se lit sur leurs visages et se partage avec le public. Leur set se clôture avec l’un de mes morceaux favoris “CLDZ” autant addictif que technique. Me voici conquise ! Gozu nous livre du lourd, c’est carré, soigné mais surtout joué avec passion. Le parfait argument pour se repasser l’excellent « Remedy » (paru chez Metal Blade courant 2023).
Décidément les claques s’enchaînent ! Je retourne sous la Altar pour le grand retour de Textures. Je les ai découverts en live en 2017 juste avant leur hiatus. Je ne cache donc pas que c’était une (très) bonne surprise d’apprendre leur réformation il y a un an. Au vu de la foule compact face à la scène, ce retour est vivement attendu. Spoiler alert : il va être à l’hauteur de nos espérances. L’ensemble est fougueux et millimétré ! Les sonorités sont très techniques entre du Death, du prog, du djent avec parfois une touche ambiante. La furie est totale et le son impeccable ! Mais surtout , on ressent que les six musiciens sont très heureux de jouer de nouveau. Ils sont ultra-investis et prennent possession de l’entiereté de la scène. La setlist va parcourir les incontournables de “New Horizons” (2016), “Singularity” (2011) “Awake” (2008) ou encore “Regenesis” (2005). Entre des morceaux plus ambiants et d’autres plus musclés et techniques, l’ensemble est totalement maîtrisé et surtout conforme à ce que nous étions en droit d’attendre d’un groupe de la trempe de celui-ci. Le come-back de Textures est une véritable réussite ! Maintenant, il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour un nouvel album et une tournée plus intimiste en salles.
Mon retour sur la Valley va être des plus troublants. Alors que je pensais me poser devant le concert de Gaupa, je réalise au bout de quelques minutes qu’il ne s’agit pas du bon groupe et que nous avons un chanteur et non une chanteuse sur scène. Je pensais m’être égarée mais heureusement, le backdrop va m’aiguiller : Planet of Zeus (qui joue là actuellement) a échangé son créneau avec Gaupa à la dernière minute. Sans me déplaire, c’est reparti pour une dose de Stoner toujours aussi technique que dynamique. Ici les compositions sont plus directes et tapent directement dans le gras. La voix du chanteur puissante et éraillée apporte tout son charme à l’ensemble. Cet égarement m’a permis de faire une très bonne découverte ! Même si, pour Gaupa, ce sera donc une prochaine…
De retour sur les Mains Stages c’est au tour de Fear Factory de nous tabasser avec son mélange d’influences entre Death, Groove et Indus. Très rapidement, leur nouveau chanteur Milo Silvestro prend possession de la scène. Son enthousiasme se partage avec un public prêt à en découdre ! Il sollicite la foule en permanence et celle-ci répond sans se faire prier à ses appels aux circle pits et aux pogos qui viennent rythmer cette agressivité. Vocalement, Milo s’approprie les morceaux sans aucune difficulté et il est un véritable sosie vocal de son prédécesseur (c’est d’ailleurs très étrange de croire entendre Burton C. Bell chanter juste en clair). Notre ami Milo dévoile rapidement un coffre très puissant (“New Breed, “Edgecrusher”) et il fait preuve d’une belle justesse sur les parties claires (“Recharger” ,”Disruptor” ). La plus belle galette du set va exploser avec l’enchaînement de quatre morceaux cultes : « Linchpin », « Demanufacture », « Replica » et le final avec « Zero Signal ». L’usine de la peur résonne de nouveau puissante, froide et mécanique ! Ce Fear Factory 2.0 est très convaincant et a retourné la fosse. Un des moments forts de ce vendredi !
Alors qu’un drapeau anarchiste flotte dans l’air et que le bal des crêtes y est déjà bien entamé, je rejoins la Warzone. Le décor est d’ores et déjà posé, place maintenant aux principaux acteurs ! Onze ans après leur premier passage, les vétérans de The Casualties sont de retour ! Dans leur habituelle énergie sulfureuse et communicative, les New Yorkais nous déversent leurs messages engagés : “War Is Business”, “Sounds Of Chaos”, “We Are All We Have”, “Punk Rock Love”… Au total, seize morceaux s’enchaînent en une cinquantaine de minutes. C’est old school mais fait avec conviction et passion. Et… c’est la bagarre !
Je décide d’écourter ce moment pour rejoindre de nouveau Valley pour un concert que je ne veux absolument pas louper ! Pour poser le contexte, j’ai découvert Brutus à l’aube de la sortie de leur premier album “Burst” en 2017 et la magie a opéré (voire elle s’est transformée en une véritable addiction). Mais, inévitablement, le trio belge a gravi des échelons et a su voguer d’opportunités en opportunités depuis “Nest” (2019) et surtout depuis son passage fortement remarqué la même année sur la Warzone (pour lequel je garde un souvenir chargé en émotions). Le tout alors que la sortie remarquée de leur album “Unison Live” en 2022 leur a permis de continuer cette ascension fulgurante qui parfois nous échappe.
J’arrive vingt minutes avant le début du set devant un parterre déjà bondé (pour le premier rang, c’est raté…). Plus les miniutes défilent, plus la Valley est inaccessible ! 16h 00 tapante, le trio franchit la scène, visiblement très ému de cet accueil. Comme un air de déjà vu alors que les premières notes de “War” retentissent de nouveau, exactement comme il y a cinq ans et toujours sous un flot d’émotions Les regards sont surtout rivés sur Stefanie Mannaerts : chanteuse et batteuse ! D’une main de fer, elle jongle entre la frénésie de son instrument et la hargne émotionnelle de ses envolées lyriques. Elle est la clé de cette combinaison accompagnée de la virtuosité et technicité de Peter Mulders (basse) et Stijn Vanhoegaerden (guitare). Le set est naturellement accès sur leur dernier album “Unison Life” : cinq des huit morceaux de la setlist lui seront consacrés.
De quoi nous garantir des moments forts ! La légèreté aérienne de “Miles Away” marque une cassure avec l’énergique “Brave” qui détonne avec la frappante ballade “What Have You Done” ou le côté plus que jovial (voire nostalgique) de “Victoria”. Les nuances entre le Post Metal, Hardcore et Punk se déchaînent dans une ambiance des plus émotives. D’ailleurs, nous pouvons souligner que chaque concert de Brutus est unique. La version live offre une expérience totalement différente de celle vécue sur album. Au-delà des émotions que Stefanie tente de maîtriser avec un chant parfois variable et intense, certains titres sont parfois modifiés. Notamment sur le grand final de “Sugar Dragon” qui explose dans une intensité instable avec une prestation vocale bluffante et déchirante. Sur ces belles notes, Brutus a totalement conquis la Valley (pour les chanceux qui ont réussi à y accéder) ! C’est fort en émotion, c’est joué avec passion et totalement addictif ! Mais face à un parterre totalement bondé, nous nous interrogerons où sera leur place pour un prochain passage ? Est-ce que les Main Stage sont prêts pour un tel déluge ? Ou alors leur singularité doit rester à la Valley ou la Warzone ?
Je retourne sous la Altar où est lancé le concours les groupes suédois ont du talent ! Entre Dark Tranquillity, Pain of Salvation ou encore Dismember pour n’en citer que quelques-uns, cette scène regorge de pépites ! C’est au tour de The Haunted de balancer la sauce entre un Thrash et Death mélodique incisif et ultra dynamique mais surtout taillé pour le live. L’agressivité et la technicité des morceaux fait monter la pression et nous prend aux tripes. La set-list est au petit oignons, elle pioche généreusement entre leurs différents albums avec une part belle aux incontournables “Made Me Do It” (2000) et « rEVOLVEr » (2024). L’ensemble de cette violence est mené par le frontman Marco Aro qui fait preuve d’une véritable puissance et maîtrise vocale ! Il établit aisément une connexion avec le public avec de nombreux échanges de sourire. Il n’hésite pas à s’approcher des crash barrières en se positionnant sur les caissons de basses à l’avant de la scène. Dans les premiers rangs la furie se fait ressentir tandis qu’au fond de la tente l’ambiance est plus tempérée mais surtout attentive face à cet écho de brutalité. De mon côté, je me suis positionné à la barrière (mais excentré) afin de profiter de ce moment où je me suis totalement happée et subjuguée par cette violence. Mais il était aussi temps de faire une petite pause avant d’enchaîner un programme bien chargé sur les Mains Stages. Pour revenir au cœur du sujet, The Haunted enchaîne les tatanes face à un public conquis. Le seul reproche qui ternit le tableau c’est le manque de nouveauté, leur dernier album “Strength in Numbers” est sorti en 2017 (il y a déjà 7 ans !). Mais de l’autre côté ça laisse plus de place pour les classiques sur la set-list pour le plaisir de tous !
Je rejoins les Mains Stages avec une belle opportunité ! La veille, j’ai participé à un concours organisé par Rock Hard Magazine afin d’assister au concert de Mass Hysteria depuis le Snake Pit de Metallica (renommé Tenace Pit pour l’occasion). J’avoue avoir envoyé un mail sans trop d’espoir. C’est vrai qu’en tant que propriétaire de deux chats noirs, je rencontre peu de chance généralement avec les concours. Pourtant le hasard et la chance m’ont souri. Je reçois donc un appel samedi matin pour m’apprendre que j’ai gagné ce fameux concours ! Ni une ni deux, je passe récupérer mon bracelet dans l’après-midi. Alors que le réseau commence à refaire surface après le concert de The Haunted, j’apprends que le Snake Pit est déjà ouvert depuis un bon moment. Je cours (je vole) pour assister au concert d’Accept qui joue alors à côté sur la Mainstage 2. Face à la grandeur de la configuration du Snake Pit (installé devant la Main Stage 1), on ne voit pas grand-chose de l’autre scène lorsque nous sommes dans celui-ci (même si ça semble évident). Mais je me trouve une petite place sur le côté avec une vue plongeante sur le devant de cette Main Stage 2. Si le public dans le Snake Pit semble plutôt attendre et errer sans prêter attention à la prestation des allemands, de mon côté je savoure mon moment. Même si la météo commence progressivement à se dégrader (mais on est encore loin du déluge qui arrivera plus tard dans la soirée).
Revenons donc à l’instant présent : Accept nous livre une prestation propre et cadrée composée du meilleur de sa discographie. Les incontournables “Princess of the Dawn”, “ Metal Heart”, “Fast As A Shark”, “Balls To The Walls” vont conquérir le cœur du public. Le petit nouveau “Humanoid” (tout juste sorti via Napalm Records) va se joindre à la fête avec deux morceaux joués (le single “The Reckoning” et “Straight Up Jack” ). Deux titres qui vont s’imbriquer sans difficulté dans. la setlist. Il y a un équilibre qui se forme entre les titres de la première époque (ère Udo au micro) et celui de la post-reformation en 2009 (et l’arrivée de Mark Tornillo au chant). Concernant, le line-up, nous retrouvons désormais six membres sur scène avec notamment Joel Hoekstra (guitariste de Whitesnake, il remplace Philip Shouse sur cette tournée), Wolf Hoffmann (le seul et dernier membre d’origine) et Uwe Lulis, ils assurent la cadence des riffs avec une virtuosité sans faille. Ici, aucun artifice : la prestation se concentre sur leur Heavy Metal pur et dur ! C’est efficace et le public n’en demande pas plus pour être conquis. Après force est de constater qu’il n’en demande pas plus non plus car il attend le plat principal : Metallica.
C’est parti pour vivre une expérience unique à l’intérieur du Tenace Pit qui est plein à craquer (à l’image de l’amas de foule devant les deux Mains Stages). Mouss débarque sur scène et harangue directement la foule : “Hellfest 2024, est-ce que vous avez peur de la pluie ? Est-ce que vous êtes prêts pour une heure de furia ?”. Le morceau “Mass Veritas” se dévoile comme une ouverture des plus explosives ! Mass Hysteria va chauffer le public durant une heure à grand coup de morceaux fédérateurs et rythmés. Sur scène le décor est épuré, la batterie est encadrée de quatre cubes qui se révéler être des écrans comme le backdrop et le tout va évoluer en fonction des visuels de chaque titre. Un véritable moment de communion va se créer entre le groupe et le public (comme à chaque concert de Mass) ! Au milieu du Tenance Pit, on oublie presque que des milliers de festivaliers sont présents derrière nous. Mais les écrans nous ramènent vite à cette réalité et nous montrent les meilleurs moments entre circle pit (même un double circle pit !), pogo, wall of death ! Toujours dans ce Tenance Pit, même si l’ambiance est plus tempérée, chacun profite du concert à sa façon avec passion. Yann, Fred, Jamie et Mouss occupent l’espace de cette large avancée de scène telle des piles électriques et on ne sait plus où donner de la tête à tenter de les suivre du regard. Mouss semble même parfois essoufflé à force courir et sauter dans tous les sens. Les nouveaux morceaux de “Tenace”(volume I et II) se révèlent tout aussi fédérateurs: “Mass Veritas” (comme évoqué en ouverture) , “Tenace” et “L’émotif impérieux” (sur une note plus légère). Mais c’est surtout des morceaux phares “Reprendre Mes Esprits”, “L’Enfer Des Dieux”, « Chiens De La Casse” ou encore « Se Brûler Sûrement » qui vont enflammer le public et vont être repris en cœur. Si Mouss est toujours aussi bavard, ici il préfère ne pas trop s’étendre sur le climat politique et sera surtout reconnaissant et joueur avec son public. Tandis que Jamie traduit ses paroles en anglais afin d’être compris par le public étranger. Si les morceaux sont en français, il ne faut pas oublier que la musique est universelle et j’imagine que la furia a fait écho au-delà des paroles ! Nous approchons de la fin de ce set, l’emblématique pochette de “Contraddiction” apparaît en backdrop et ses sonorités ultras dynamiques vont nous faire jumper. Tandis que l’hymne fédérateur “Plus Que Du Metal” va conclure cette prestation sulfureuse avec son habituel beau et grand Wall Of Death. La pluie n’a pas arrêté Mass Hysteria et son public en totale ébullition. Après trente ans de carrière, la formule ne s’essouffle pas, c’est ardent, puissant et fédérateur. Le public est plus que chaud pour la suite des festivités.
Il est temps de quitter le Tenace Pit enfin ce Snake Pit désormais pour le rendre aux fans de Metallica. Mais pour le moment, Mouss viendra au plus près de ses fans, le temps d’échanger quelques mots et de prendre des selfies. Même si j’imagine que ce fut une petite erreur de coordination, on nous fait sortir côté Main Stage 2 en se mélangeant aux photographes. Mais surtout avec cette occasion nous fait passer à quelques mètres de Bruce Dickinson dont le set est déjà bien entamé !
Bruce est toujours en très grande forme autant vocalement que physiquement ! L’ami Bruce est toujours aussi bavard avec un français plus au moins approximatif. Il est venu ici nous présenter son nouvel album solo “Mandrake Project”. Cependant, je vais écourter ce moment tant attendu car la météo a décidé de se déchaîner. Durant toute la durée du concert, la pluie va tomber littéralement en trombe sans aucune interruption ! Je suis trempé de la tête aux pieds et pour citer Bruce : « Fuck The Rain ». Une session de rattrapage s’est imposée en remerciant Arte Concert d’avoir capté ce moment (parmi tant d’autres) afin de vivre (ou revivre) les concerts.
Place au groupe le plus attendu de la journée (certains irréductibles campent d’ailleurs depuis 10h du matin pour voir). Étonnamment, lorsque les premières notes de “The Ecstasy of Gold” résonnent, la pluie va cesser de tomber. Deux ans après leur premier passage au Hellfest, les 4 Horsemen sont déjà de retour et cette fois en pleine tournée pour leur album “72 Seasons”. Comparé à leur premier passage au Hellfest 2019 (face une foule dense et certaines personnes qui poussaient même côté Main Stage 2 pour se frayer un chemin…) ici, la foule a déserté le festival à cause des conditions climatiques (même si les plus téméraires se sont gardé une place bien au chaud ou plutôt au froid dans les premiers rangs de la Main Stage 1). Ce qui me laisse l’occasion de voir Metallica dans des conditions optimales.
Revenons au cœur de la prestation qui s’ouvre sur les chapeaux de roues avec l’enchaînement : « Creeping Death », « For Whom the Bell Tolls », « Hit the Lights » et « Enter Sandman ». Cependant, la première ombre sur le tableau va apparaître. Robert Trujillo et Kirk Hammett relancent leur tradition (à laquelle nous avions échappé en 2022) de proposer une reprise issue du pays dans lequel ils jouent. Après Trust ou Johnny, ici autour d’Indochine avec le morceau de l’”Aventurier” à notre plus grande surprise. Le choix est osé (voire discutable) et le public semble assez déconcerté face à cette attention. Si le set repris (tant bien que mal), on ressent dès lors un public moins réceptif et un groupe qui n’est plus au meilleur de sa forme. Aucune idée si cela est dû à une fatigue en général, les conditions météos (avec une partie du public totalement noyée) ou tout simplement l’ensemble qui ne prend pas. Je ne sais pas comment l’expliquer ce soir, il manque quelque chose.
De plus, de nombreuses petites erreurs s’accumulent comme le pain de Kirk Hammett sur « Nothing Else Matters » qui va faire grincer des dents pas mal de monde. Pourtant nous pouvons citer des moments forts comme l’instrumental toujours mystique ”Orion” en hommage à Cliff Burton et le brillant “One”. Car, oui Metallica reste une expérience forte à vivre en concert, même si ce soir il manque cette étincelle. Soulignons aussi que le public plus excentré n’a pas profité de l’expérience dans les conditions optimales. Les écrans géants diffusent la prestation certes avec une décomposition en quatre petits carrés et parfois avec uniquement des illustrations qui limitent la visibilité. Après 2 heure 15 de show, le classique “ Master of Puppets” marquera une conclusion plutôt dubitative. Au-delà de ces ombres qui ternissent le tableau, Metallica livre un ensemble qui reste de qualité et surtout leur plaisir de jouer est toujours aussi présent. Pourtant nombreux étaient ceux qui en attendaient davantage de Metallica car n’est pas Metallica qui veut. Mais arrêtons là de râler car les Mets se montrent toujours aussi propre de leurs fans et, comme à leur habitude, ils vont s’éterniser pour quitter la scène entre jet de médiators (des seaux entiers !) et des discours de remerciement. On espère les voir à nouveau en meilleur forme (peut-être dans deux ans ?) sur les terres de Clisson.
Après cette avalanche de groupes de Heavy sur la Main Stage 2 toute la journée sous la surveillance avisée de l’aigle de fer accroché au-dessus de la scène, les vétérans de la New Wave Of British Heavy Metal prennent enfin possession des lieux. Saxon débarque sur scène et va livrer durant une heure une messe du Heavy Metal pur et dur en jonglant entre leurs nouveautés et surtout leurs classiques. C’est justement le petit nouveau “Hell, Fire and Damnation” qui va ouvrir la prestation suivie très rapidement par “Madame Guillotine”. Au plus grand plaisir de leur fans Old School c’est surtout leurs plus classiques (issus de leurs cinq premiers albums) qui vont rythmer l’ensemble : “The Eagle Has Landed”, “Strong Arm Of The Law”, « Denim and Leather », « Wheels of Steel »… La scène est aménagée tel un mini château médiéval et les écrans vont diffuser sobrement des illustrations et vidéos en raccord avec chacun des morceaux. Notons d’ailleurs que durant “And the Bands Played On”, une majorité des pochettes de leur grande discographie vont défiler en vidéo (et avec 26 albums au compteur, il y a du boulot !). Mais le centre de l’attention, c’est Biff Byford du haut de ses 73 ans, il va nous impressionner ! En très grande forme, il montre beaucoup d’enthousiasme et sa voix est impeccable (comparé à certains compères qui ont perdus du coffre au fil des années). Les classiques s’enchaînent, on ne voit pas le temps passer alors que le rappel retentit (déjà) avec les immanquables « Crusader » et « Princess of the Night ». Passer juste après Metallica est un pari risqué, mais Saxon à prouver son statut de vétéran de la NWOBHM avec brio !