Par Ale – Le 29 Décembre 2024
Genre : Metal Industriel
Pays : Filande
Label : Noble Demon
Date de sortie : 08.11.24
King Satan qui sort « The Devil’s Evangelion » (hélas rien à voir avec l’anime) sur Noble Demon ? Il y a tellement de références au malin et ses sous-fifres qu’on croirait presque à la parodie. Mais que nenni : ce quatrième opus en près de dix ans confirme s’il le fallait encore que King Satan, c’est du sérieux (malgré qu’ils aient choisi le nom le moins original du monde pour leur groupe… toujours bon de le rappeler).
Assez de plaisanteries idiotes : place à la review ! On retrouve le mélange habituel du groupe, devenu sa marque de fabrique, à savoir de l’indus incorporant de fortes tendances sympho et même avec un soupçon de death par moments, pour des titres s’éloignant des canevas glauques (et même parfois franchement edgy ou dégueulasses) habituels du genre. Ici, on a des titres très énergiques, presque dansants même, rappelant davantage les dernières productions de Turmion Katilot (notamment l’album « Global Warning ») que les Ministry ou Combichrist promis par le press kit. Tout cela (hormis le death peut-être) est parfaitement illustré dès le deuxième titre : « Abyss of the Souls », totalement enragé et bruyant, mais aussi étonnamment festif ! « Chaos Forever Now » nous offre un peu la même chose en moins bien : exit le sympho, et lorsque la guitare commence à s’affirmer, elle disparait aussitôt… un poil dommage.
Et c’est vraiment ça qui est terrible avec cet opus. A la limite, que cette forme de metal indus ne soit pas ma préférée (rien ne remplacera les 90s, allemandes comme américaines) n’est pas un gros problème : chacun ses goûts, et on applaudira à King Satan d’avoir su concocter une marque de fabrique à partir de ces éléments disparates qui s’imbriquent plutôt bien. Mais ils en abusent un peu trop, offrant un album trop homogène dont les morceaux se distinguent au final trop peu. Cela donne la sensation que leurs morceaux les plus mémorables sont finalement ceux où ils déconnent, les titres un peu troll ou a minima ceux où les Finlandais se lâchent un peu plus. Sans prétendre qu’un album entier pourrait fonctionner avec uniquement des titres comme « Destroy The World » et « Satanas Rex Mundi », incorporer ce genre d’idées folles soutenues par l’enclume déjantée qu’incarnent les instruments (qui mériteraient de parfois plus assumer leur place, quitte à mettre le chant de côté un petit temps) offrirait un résultat aussi singulier que follement génial. Pour l’heure, on se contentera d’un tiers d’album vraiment surprenant par ses parti pris, et deux autres tiers formant un gros bloc virant à l’overdose.