moonspell opus diabolicum

Par Ale – Le 14 Février 2026

Genre : Metal gothique

Pays : Portugal 

Label : Napalm Records

Date de sortie :  31.10.25 

Cela ne fait pas bien longtemps que l’on a quitté Moonspell. Si le plus célèbre des groupes portugais n’a pas sorti de vrai album depuis 2021, il n’a pas chômé pour autant : un album live en 2022, puis un copieux coffret baptisé « Under The Moonspell » en 2024 que j’avais eu la chance de chroniquer. Et donc maintenant un autre très généreux morceau avec la sortie d’un autre album live, cette fois en la compagnie du Lisbon Sinfonietta Orchestra. Le press kit nous vend cet album comme le plus ambitieux sorti par le groupe à ce jour, avec un concert d’une heure et demie intégralement filmé. Comme souvent hélas, je n’ai pas la prétention de connaître le groupe du jour sur le bout des doigts, et il est donc indéniable que je ne pourrai pas forcément faire le jeu des comparaisons entre la version « classique » des différents titres, et leur version jouée par un orchestre de 45 personnes. Je laisse aux fans assidus ce loisir, et j’opterai donc plutôt pour une critique plus extérieure.

En revanche, il est un peu délicat de chroniquer chaque titre de l’album indépendamment… comme souvent avec un album live finalement. Un concert, c’est un tout, avec une setlist (idéalement) savamment étudiée pour varier les plaisirs et les émotions. Ce n’est pas impossible d’apprécier un titre live en dehors de son contexte, et cet Opus Diabolicum n’échappe pas à cette réalité, mais disons modestement que ça vaut la peine de se taper l’heure et demie de concert du début à la fin, ne serait-ce que pour la communication avec le public, et muni d’un casque rivé sur les oreilles de préférence ! Concernant le résultat en lui-même, il est sans fausses notes : si la partie orchestrale du concert est parfois un peu plus discrète, parfois grandiloquente, elle est en permanence de haut vol et rajoute indéniablement une aura différente aux chansons de Moonspell. Certes, on y perd peut-être un peu en noirceur et de morosité, mais on y gagne en grandeur et en prestige. Les classiques du groupe se mutent presque en musique d’opéra ou de cinéma à grand spectacle, et si l’on n’atteint jamais vraiment l’aspect « marche funèbre » d’un projet comme Ottone Pesante (que je ne saurai trop vous recommander, et ça vient d’un type pas franchement friand de black metal), on ne va pas cracher sur les airs d’apocalypse de titres tels que « 1755 » ou « Tungstennio » (qui ouvre le bal de bien belle manière).

Alors oui, je ne vais pas mentir : j’aurai aimé peut-être un peu plus de titres lugubres et un peu moins de titres épiques. Une fois les présentations faites, c’est davantage le théâtral qui prime, au détriment de ces titres plus hargneux, plus du registre de l’épouvante… plus gothique en fait, dans le vieux sens du terme ! Faut croire que ça me poursuit… le metal que j’espère gothique se pare souvent d’atours plutôt symphoniques, qui me plaisent moins. Mais c’est bien logique dans ce cas précis. Toujours dans le registre des « défauts » plutôt subjectifs, et même en évoquant l’intérêt de se taper la galette de bout en bout, faut reconnaître que c’est une sacrée épopée, un poil usante au bout d’une heure. Mais ce n’est ni la faute du groupe, ni de leurs morceaux : ce sont certainement des goûts personnels.

En clair, il vaut mieux appréhender cet album comme un projet assez spécial et haut-de-gamme. Pas tant une curiosité que l’apogée d’un groupe mythique, qui s’est clairement fait plaisir et qui se donne à fond. Autant best-of qu’une façon neuve d’apprécier la musique de Moonspell, ce n’est pas forcément un opus que l’on se repassera chaque semaine, mais un show spectaculaire qui s’apprécie comme un cru d’exception : dans un contexte approprié, mais suffisamment rare que pour pleinement l’apprécier. Pour le coup… on aura grave aimer y être !

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