top of page
Image de Edz Norton

THE MAGOGAS - 48 Moons

Ale


Genre : Heavy Stoner Space Rock

Pays : Italie

Label: Go Down Records

Date de sortie : 29.03.2024

 

Je n’ai de cesse d’évoquer mon amour pour la scène musicale italienne, très talentueuse et versatile, sitôt que le groupe du jour est originaire de là-bas… Alors pourquoi ne pas évoquer un peu plus mon amour récent pour le space rock ? Le genre semble connaître une discrète renaissance, avec quelques nouveaux projets très intéressants faisant la part belle à un style plus ou moins oublié depuis les 70s. Il y a bien eu un important revival lors des années 1990 si j’en crois ce bon vieux wikipédia, mais on parlait plutôt de genres nouveaux s’inspirant du rock cosmique d’antan. Mais non, depuis une poignée d’années et au gré des chroniques, j’ai pu découvrir une petite poignée de groupes très sympas et cherchant véritablement à revenir aux sources, plutôt que de se réapproprier et de moderniser le genre, volontiers associés à la grande masse des musiques plus "planantes"… comme le stoner, bien évidemment. Quoiqu’il en soit, avec un projet à la fois space rock et italien, c’était presque un homerun garanti pour mes petites oreilles de jeune vieux con.

Bien que classé dans le genre stoner (et on ne prétendra pas qu’ils volent cette classification), on trouve tout de même quelques relents de noise rock de ci et là, évoquant autant Sonic Youth que les méconnus japonais de Sonic Flower (et on imagine plein d’autres groupes avec « sonic » dans leur nom). Le premier titre, "Lost In The Fog", est moins planant que groovy et rêche, avec sa grosse salve de riffs bien gras et véloces. "#5" (c’est le titre du suivant morceau), est un poil plus posé et propose une intro bien hypnotique avant d’envoyer la purée. Dès lors on comprend que l’album sera full instrumental, et ce n’est pas pour nous déplaire ! On peut se focaliser pleinement sur la musique, et à quel point elle déploie ses univers vastes et arides… Évoquant plus volontiers un désert poussiéreux que le vide infini de l’espace. Tout dans cet album est à la fois costaud et délicieusement facile d’accès, offrant des titres allant toujours plus loin dans la distribution de patates, sans jamais devenir franchement violent. Au contraire, leur premier single, "Lunar Seal", est une salve de pétards jouissive au possible, mais qui parvient malgré tout à nous caresser l’échine avec son rythme endiablé. Un mot d’ordre, un leitmotiv même pour l’ensemble de l’album. Avant de repasser à la douceur pour la toute première fois, en plein milieu du titre. La musique devient minimaliste, paisible, atmosphérique… Une ruse bien sûr, pour mieux tout envoyer péter à la dernière minute !

"Cemetary Of Good Intentions" joue encore plus la carte de l’alternance entre riffs musclés et ravageurs, et ambiances plus planantes et calmes. On slalome allègrement entre l’un et l’autre, comme pour nous tenir aux aguets. "Nicolette" revient avec un rythme génialissime, une basse folle qui fait doucement monter la sauce, avant l’éruption naturellement. Et quelle éruption ! Le titre est incroyable : éreintant, mécanique au point de nous foutre dans un état quasi-léthargique… Tout en étant bousculé par la guitare qui s’emballe et nous crache ses riffs aigus en pleine tronche. Aisément mon titre préféré de la galette ! Et lorsqu’on croit le morceau fini, se perdant presque à l’infini avec une note répétée comme si le CD avait planté… Il revient pour une ultime grêle de riffs de zinzin. Une trance puissante, endiablée et presque extatique.

"Polish Brick" est le titre le plus long de l’album, dépassant les huit minutes. Il est aussi probablement le plus calme : après un départ en trombe, tout le reste de la chanson est plus posé et ambiant, presque mélancolique. La guitare devient douce et lointaine, presque rassurante même. Une formidable aventure introspective que l’on conseillera volontiers d’écouter au casque et avec grande attention. "Too High To See The Coast" revient aux bases, avec un nouveau rythme hypnotique et dévastateur. Ce n’est pas seulement rapide… C’est presque démesuré ! Jusqu’à une nouvelle accalmie, tendre et mélancolique… qui se permet cette fois, contrairement à "Polish Break", de revenir avec une dernière torpille avant de conclure. "Dispotic Bitch Blues" est un peu du même acabit : une guitare très mécanique, tronçonnant tout sur son passage, avant un très long break plus calme et bluesy, comme le titre l’indique. "Closure", qui porte lui aussi bien son nom, ne se permet pas la moindre accalmie en revanche. C’est un festival de puissance et de rapidité, un sprint final pour nous asséner une dernière claque avant de se dire au revoir. Les titres sont un peu interchangeables, il est vrai, mais à écouter d’une traite : ils forment une sympathique épopée, plaçant ses pauses judicieusement pour nous permettre de prendre notre souffle et nous laisser porter par la musique…

Quel album… Composé en l’espace de 48 lunes (voilà pour l’anecdote sur le nom !), tout premier bébé d’un groupe composé, il est vrai, de trois zickos ayant déjà un chouette petit CV. Et nourris de multiples expérimentations et intérêts pour des genres parfois très différents. Le tout donne un disque vraiment sympa, qui ne révolutionne pas le genre, loin de là, mais qui parvient à piquer notre attention en déployant quelques belles cartouches pour un groupe qui aurait très bien pu se contenter de copier le glorieux passé d’un genre vieux de plus de 50 ans. Y’a un peu plus que cela… Notamment sur les titres plus doux. Et de quoi montrer un formidable exemple pour quiconque voudrait se montrer exigeant pour un premier jet.



Cult Of Metal est un webzine dédié à la scène et la culture Metal (tous genres confondus) 

© 2023 par Cult Of Metal 

bottom of page