red sun atacama summerchild

Par Ale – Le 13 Avril 2026

Genre : Desert punk / Psych

Pays : France

Label : Mrs Red Sound

Date de sortie :  13.03.26

Avant même de lancer le troisième opus de Red Sun Atacama, j’avais une réelle impression de déjà vu. Leur nom déjà : j’aurai mis ma main à couper que j’avais déjà chroniqué un de leur album dans le passé. Impression d’autant plus forte en découvrant le genre de leur musique (même si leur nom donnait déjà de gros indices, on va pas se mentir). Idem pour l’artwork : très joli, mais surtout très familier. Pourtant, jamais entendu parlé de l’artiste Nicolas Marciano. Et je n’ai jamais tendu un bout d’oreille aux deux premiers albums du groupe, sortant tous (jusqu’à présent) avec quatre ans d’écart. Bizarre… Tout comme le choix de faire de cette expérience mon intro. Bref : de toutes façons, vrais ou faux souvenirs mis à part, cet album est de toutes façons tout neuf ! Alors que vaut-il ?

Bah le côté « punk » vendu par le press kit n’est pas volé ! C’est bien éraillé, musclé, véloce… Sans trahir l’aspect psyché non plus. C’est même plutôt une belle osmose : un poil moins à coller des gnons que sur un bon disque pour crêteux (avec des titres largement plus longs aussi ! Le début de « Conveyor » et « Ragdoll » sont punk à souhait), mais aussi bien moins planant que sur une galette de psyché old-school. Il y a même quelques petits trucs un peu surprenants, comme le groove limite jazzy vers la moitié du morceau ouvrant le bal « Passenger ». Une astuce remployée dès le morceau suivant, avec d’autant plus de minimalisme, moins timide que modeste. Même lorsque le groove repasse à la vitesse supérieure, c’est toujours avec beaucoup d’aplomb : en faisant revenir la force du morceau petit à petit plutôt que de nous faire sursauter de manière explosive. « Weightless », qui poursuit, démarre son aventure en portant impeccable son titre… mais fini lui aussi par rapidement éclater dans tous les sens, nous assénant d’une pluie d’effets distordus. Pas désagréable pour un sou, très bon morceau même… maaaais, pour une fois, on aurait pu être aimé s’offrir une pause ou un final plus introspectif qui aurait davantage mérité un tel sobriquet. Mais je pinaille, je pinaille… « Sundown », qui clôt l’album, rempli exactement ce rôle, et son titre, si un peu terre-à-terre, est très approprié aussi. Puis c’est quand même un pont de zinzin que le trio nous propose sur « Weightless » !

« Commotions » est plus brut de décoffrage. Plus « simple » dans sa structure… si j’ose dire ! Le titre est plus répétitif, plus hypnotique, et surtout bien maousse pour ne pas changer. Et pour ne pas changer, il y a encore une pause très calme, presque honteuse, presque mutique, pour traverser le morceau… qui repart alors d’un pas lourd et traînant. C’est cool et ça fonctionne à chaque fois concrètement, mais la recette commence un peu à lasser. On aimerait un titre qui saute pieds joints dans un bord ou dans l’autre. Hélas, « Graze The Sun » continue sur cette lancée… C’est pratiquement une marque de fabrique désormais, ou un leitmotiv sur cet album du moins. Difficile de cracher dans la soupe sachant qu’aucun morceau n’est enlaidit de cette structure, mais bon sang : donnez-nous un ou deux titres qui sortent un peu de ce moule ! Néanmoins, on saluera que les titres s’enchaînent de manière hyper naturelle et forment presque un seul tout. Un effet certainement voulu, même si l’on perd en matière de diversité.

Mais encore et toujours, et ça en est presque rageant… « Summerchild » propose aussi un pont très juteux. « Ragdoll » est d’autant plus vertigineux dans ses effets, la virtuosité de ses instruments, et profite amplement de ses huit minutes pour se poser et nous faire rouler des épaules et dodeliner tranquillement. Très plaisant ! Encore une fois : on aurait aimé que ces moments soient peut-être un chouiïa plus longs et assumés. Pas étirés artificiellement au point d’endormir, mais juste permettre de souffler un peu en compagnie du groupe, plutôt que d’avoir ces micro-pauses plaisantes, mais toujours vite expédiées, comme presque embarrassantes pour le groupe.


Et pourtant non… sinon pourquoi en inclure sur chaque titre? Et surtout, pourquoi finir l’album avec « Sundown », une véritable caresse toute en volupté, qui prouve que la formule peut fonctionner sur un titre entier ! Une chanson agréable comme une nuit d’été, qui offre un épilogue épuré, s’achevant lui-même sans artifices. Juste le calme, après de réelles prouesses musicales, après des fulgurances instrumentales savoureuses.

J’admets ma fixette sur le côté « formulaïque » de cet album, qui amène les mêmes résultats que sur chaque album faisant ce pari : on aimera la consistance, ou l’on déplorera la monotonie. Je n’ai point envie d’être si sévère… Somme toute, une fois l’album clôturé, on a l’impression qu’un titre ou l’autre variant les plaisirs ferait presque tache imbriqué à l’ensemble. Il y aura peut-être moyen d’en tenir un peu plus sérieusement rigueur à l’avenir (on aura la réponse d’ici quatre ans hein!), mais leurs deux premiers opus, « Licancabur » et « Darwin », proposent moins de titres mais plus longs). Pour l’heure : le mix psy-punk fonctionne vraiment trop bien et la rage millimétrée des morceaux, expansifs avec mesure, ne méritent pas de bouder son plaisir. 

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