Par Ale – Le 30 Mai 2026
Genre : Heavy Horror Metal
Pays : Allemagne
Label : Solemnity Music / Hof
Date de sortie : 15.05.26
Heavy Metal, on veut bien le croire. Horror metal en revanche, avec une telle jaquette et une telle dégaine ? Va falloir le prouver ! Solemnity fait comme bien des groupes avant eux, c’est-à-dire renaître de ses cendres après une pause plus ou moins longue (ici quand même plus d’une grosse dizaine d’années). Et ils ne se moquent pas de leurs fans avec une heure et quart de contenu, réparti sur dix-sept titres tout de même. Puis on dit « ils » mais on devrait plutôt dire « il », puisque Sven « The Axe » fait cavalier seul pour ce retour, s’occupant d’absolument tout. Un pari osé, qui mérite d’être salué ne serait-ce que pour l’audace de la démarche. A l’inverse, on peut aussi craindre un capharnaüm à l’idée de tout confier au leader/chanteur… ou alors un « album d’auteur », dans le meilleur des cas. Qu’en est-il de cet Opus Barbaricum ?
Bon… comme la couleur semblait l’annoncer, nous sommes plus dans du power pur et dur que du heavy, et certainement pas de l’horreur (à moins que des titres comme « Idiocracy », « Drums of War » et « Escape From The Matrix » vous paraissent effrayants… leurs thématiques le sont du moins). Le power, comme bien des sous-genres de notre genre fétiche, peine généralement à se renouveler, au point de devenir volontairement (ou non) gentiment kitsch. Mais à titre personnel : du bon power à l’ancienne, aux relents épiques exagérés, ça fait plaisir à petite dose. Un album tous les 2-3 mois, ça fonctionne très bien et ça fait partie de ces plaisirs coupables… qui se mute en plaisir sincère en live, où il est souvent difficile de résister au spectacle proposé et aux refrains rassembleurs. On ne va pas livrer le détail des 17 morceaux de l’opus, tant il campe des positions connues et (plus ou moins) appréciées. Que ce ne soit pas un naufrage brouillon quatorze ans après le dernier album de Solemnity, et alors que Sven The Axe gère tout lui-même, c’est déjà très honorable. Du reste, on retrouve trois très sympathiques power ballads en la présence de « Freya », « Frozen In Time » et « The Sleeper », on débute sur les chapeaux de roue avec « Nightmares from the Neighborhood », et ponts comme paroles sont tonitruants de bout en bout. Encore une fois : l’ensemble est si classique et homogène qu’il est un peu compliqué de réellement mettre en avant un titre ou une idée en particulier. Bon allez… « Cheesecake Commando », « Bitch With The Bow » et « The Way To A Fortunate Wedding » se démarquent quand même ! C’est pas si souvent que l’on a droit à du power qui s’assume et fait preuve de second degré avec des thématiques gentiment débiles plus que des histoires de chevaliers, de dragons et de sorciers. De tête, la dernière fois que votre serviteur a eu un tel sourire de crétin en écoutant du power, c’était sur « Senorita » de Frozen Land (Nanowar of Steel ne compte pas!). Au final, Opus Barbaricum semble surtout conçu pour offrir un festin aux fans affamés après tant d’années de diète… et aux amoureux de power toujours pas rassasiés.