Par Ale – Le 31 Mars 2026
Genre : Rock psychédélique
Pays : Etats-Unis
Label : Magnetic Eye Records
Date de sortie : 06.03.26
Aaaah Magnetic Eye… Comme toujours, il suffit de voir leur nom pour m’assurer d’une chronique aussi jouissive que smooth ! Il arrivera sans doute un jour où le label parviendra à me décevoir, mais jusqu’à présent, on va d’opus simplement très chouettes à de véritables pépites. Il me tarde donc de découvrir le cinquième opus des américains de Black Lung, qui poursuit la lancée de l’album précédent : « Dark Waves », en tout cas si le communiqué de presse dit vrai. Puisque comme souvent je découvre le groupe en milieu de parcours, je ne peux vous dire si c’est bien le cas… On va partir sur un regard tout neuf du coup !
Deux choses m’étonnent de prime abord en tant qu’amateur enthousiaste de rock psychédélique et autres genres assimilés au fuzz/acid/stoner/rayer-la-mention-inutile. Tout d’abord la durée de l’album : 35 minutes et demies, ce n’est pas honteux, mais ce n’est pas bien long non plus. Et sur les sept titres, trois seulement dépassent la barre des cinq minutes (bon, ça fait quand même pas loin de la moitié et « Savior » fait 4:58 minutes, on chipote). Mais on va se dire que ce n’est pas la durée qui compte et qu’au contraire : cela limite les risques de gras superflu, et oblige même le groupe a être tranchant et précis tel un scalpel avec la durée mesurée qu’il nous offre. Et fort heureusement, c’est exactement ce que Black Lung propose (encore heureux : après quatre ans d’attente!), et même plus en fait : on aurait été content de se laisser pénétrer par la musique (ooouh!) et de suivre l’épopée du groupe tel un long fleuve tranquille (et distordu). Mais au final, y’a pas un morceau qui ressemble véritablement à un autre. Forever Beyond se veut très composite, et si vous suivez mes tribulations de temps à autre, vous devez savoir que J’ADORE quand les groupes s’amusent ainsi !
« Traveler », qui ouvre le bal, est ainsi un petit trip plutôt classique et facile d’approche. Une mise en bouche timide, mais savoureuse, inoffensive et au groove sympatoche, surtout pour son pont ! Et son final est étonnamment émotif aussi. Déjà nous sommes sur du gentiment surprenant, sans trop désarçonner non plus, pour un titre de quatre minutes, alors qu’on l’aurait vu faire pas loin du double ! « Death & Co. », qui poursuit, est un chouïa plus musclé et sombre, plus hypnotique aussi avec sa gratte répétitive. Là aussi, le titre est surprenamment touchant, avec un final en véritable apothéose et un chant presque fragile. Pour une durée encore plus mesurée ! Sans décortiquer chaque titre, « Savior » est peut-être le plus délicat de tous. Il combine pourtant son côté posé et sensible à une guitare plus vrombissante, et même un chant très éthéré et distant ! Et là aussi… un pont des plus somptueux. « Follow » revient à une formule plus proche de « Traveler », avec un hook des plus simplistes en répétant le titre du morceau en guise de leitmotiv ! Un groove épuré et posé porte le titre. « Forever Beyond Me » traîne plus le pas, et se veut bien gras. Son refrain fait mouche, et l’ensemble est rétro à souhait. « Border Hoarder » revient plutôt se ranger auprès de « Savior » et nous transmet à nouveau de la douceur, en prenant encore plus son temps (bon ok… aussi doux que des instruments saturés d’effets à gogo peuvent l’être! Mais promis, y’a des passages pas loin de la berceuse). « Scum » clôture l’album et comme le veut la tradition, c’est le morceau le plus long de la galette. Une belle synthèse de tout le reste de l’album finalement, semblant chaparder des éléments plic-ploc des autres titres qui le précèdent. Pas mauvais du tout, juste un peu convenu.
Au final, ça décrit plutôt bien l’album dans son ensemble à vrai dire. Ni très long, ni très innovant ou exotique, il constitue une porte d’entrée toute trouvée pour un novice du genre, une oreille curieuse qui découvre le groupe (comme moi donc), ou tout simplement quelqu’un qui veut un opus de bonne facture à pouvoir écouter sans se prendre la tête. Pas un monument, probablement même pas dans la discographie de Black Lung, mais une escapade bien agréable.