civil service dark

Par Ale – Le 17 Février 2026

Genre : Post Rock

Pays : Royaume-Uni

Label : A Cheery Wave / Ripcord Records

Date de sortie :  21.11.25 

Si les groupes de post-rock choisissent souvent des sobriquets poétiques et spirituels, je dois dire que « Civil Service » me laisse un petit peu coi. Disons que c’est plutôt original, a contrario du titre de leur album qui est presque désolant de simplicité. L’explication du premier se trouve potentiellement dans une interview, celle du second dans leur précédent album dénommé « /// LIGHT ». Il ne faut pas toujours chercher bien loin ! On comprend aisément et sans de plus amples précisions qu’il faut prendre leurs deux opus comme deux faces d’une même pièce, comme un duo formant un tout… ce qui paraît logique puisque leur tout premier album s’appelait déjà « Life /// Death ». Dans le cadre de cette chronique, il me faut admettre que c’est sur leur dernier opus en date que je vais me focaliser, indépendamment de ses liens avec le disque précédent. Gardez toutefois en tête qu’il est peut-être judicieux de les écouter, si pas en parallèle, au moins consécutivement… en vue de les comparer. Cet avant-propos énoncé, on peut y aller !

Primo : le groupe est vendu comme un projet de post-rock instrumental… pas forcément inconcevable pour le genre, mais surtout pas tout à fait vrai ici. Disons que s’il n’y a effectivement pas de chant, le groupe use (et abuse) de voix pré-enregistrées qui n’apportent finalement pas grand chose. Pire, au delà d’être un artifice désormais vu et revu, ces voix nous « sortent » un peu des morceaux, du moins si comme moi vous tentez de comprendre ce qui se dit… Ce n’est pas rédhibitoire, mais ce n’était pas franchement nécessaire.

Très heureusement, c’est toutefois le seul réel « défaut » de l’opus, qui s’affiche surtout sur les premiers titres. « URBNDCY » est ainsi totalement muet, et propose du grand post-rock très grandiloquent et étonnamment lumineux malgré le titre (et le reste) de l’album. C’est généreux, plutôt doux et on se laisse porter sans peine par le chemin qu’il nous trace. Un contraste total avec «Every Beam Of Light Is An Invitation To Death » : le titre est lent, plutôt morose, presque franchement triste. Il se permet d’être même plutôt minimaliste et sobre… jusqu’au bouquet final qui s’emballe et se pare de gros riffs gras et menaçants, mais en continuant de se parer d’une aura assez épique. Pris en sandwich entre ces deux titres, on trouve « The Heurist », peut-être mon morceau favori de l’opus ! Lui aussi est calme et sobre dans toute sa première moitié, passant parfois à un simple piano : un classique évidemment, mais toujours efficace. La deuxième moitié se met alors à faire vrombir la guitare, sans accélérer le tempo, mais rajoutant un coffre bienvenu. Et la toute fin alors… aussi onirique qu’hypnotique !

Je vous avais dis que le groupe était totalement instrumental… ? Et bien non ! L’ultime morceau de cet album, « Turn Out The /// Light » s’acoquine de deux voix pour offrir un contraste entre un chant tendre et fragile et un autre enragé et brutal. Un ajout fantastique qui clôt l’album avec brio, pour un titre précieux et délicat, lui aussi au tempo très mesuré, mais à la frêle beauté.

Somme toute, malgré un départ un peu en trombe, c’est un très joli parcours pour Civil Service. Finalement pas si sombre qu’il ne le prétend, malgré quelques titres aux relents plus froids et lugubres, il offre avant tout une belle sélection de titres puissants aux chouettes idées et qui nous bercent pour peu que l’on ose s’abandonner à lui. Belle performance… et allons découvrir « /// Light » maintenant !

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