Par Ale – Le 23 Mars 2024
Genre : Boogie Sludge Metal
Pays : Etats-Unis
Label : Magnetic Eye Records
Date de sortie : 15.03.24
A la lecture du genre, vous pouvez déjà vous attendre à une petite curiosité… Mêlant à la fois grooves endiablés et mélodies râpeuses et dégoulinantes. Ce premier objectif est clairement atteint, quoiqu’il n’y avait pas réellement de raison d’en douter : Magnetic Eye est souvent gage de qualité et j’ai déjà pu chroniquer plusieurs groupes de leur écurie qui valait totalement le détour.
« Graveside Grin » débute par une grosse guitare poisseuse et grasse, rapidement accompagnés du reste des instruments, tout aussi lourds et abrasifs. La voix arrive en dernier, et elle est compréhensible (c’est déjà pas mal !) tout en étant elle-même bien grave et rocailleuse. Mais surtout QU’EST-CE QU’ON GROOVE ! Le groupe, malgré ses sonorités craspecs, parvient à nous faire dandiner de la tête sans peine. Ce qui n’enlève pas du tout que la musique reste vivace et lugubre… Totalement dans la thématique « danse macabre » suggérée tant par leur artwork que le titre de l’opus ! Et cette grosse voix bien graveleuse n’hésite pas non plus à asséner quelques crachats bien grossiers entre deux phrases non plus, rajoutant encore à l’ambiance générale ! « Big Bad Bodega Cat » vient encore accentuer ce côté « rock à papa » qui donne envie de tortiller du cul. La guitare gagne alors une place centrale, du plus bel effet.
« Empty Bottle Boogie » vient transformer le chant pour le rendre diaboliquement efficace et bestial, alors qu’il n’était « que » amusant et abrasif jusqu’alors. La basse trouve aussi une place un peu plus importante, ne serait-ce qu’en guise de courtes accalmies entre les déflagrations pétaradantes du titre. L’un de mes favoris de cette galette pleine de plaisirs ! Ironiquement, c’est aussi un des rares titres où le chant se calme un chouïa pour proposer un petit passage parlé et clair, entre le deuxième et le dernier couplet. De la folie furieuse, et un vrai régal ! Et parlant de ça, on poursuit avec « Guilty Pleasure », qui porte bien son nom… C’est sale, vénère, ça part dans tous les sens, ça nous hurle au visage… et c’est ça qu’est bon ! Plus surprenant, « La La Land » débute dans le calme et l’allégresse… avec une guitare étouffée, une batterie mécanique et quelques notes timides. Une courte intro rapidement balayée par un retour du chant âpre ! Le titre reste sans doute le plus mélodieux de la galette, presque post-rock en fait ! Une très étonnante transition, qui n’a rien pour déplaire, au contraire. Elle enrichie l’album et démontre que le groupe ne mise pas juste sur sa fusion étonnante pour impressionner. « Twisting Flowers » fait aussi un usage parcimonieux de chant clair… là aussi une petite touche agréable, qui n’aurait sans doute pas détonner sur d’autres titres, mais qui n’engrange pas de regrets de notre part non plus. On boucle avec « Headstone », qui débute là aussi très calmement, comme « La La Land » auparavant. Retour des quelques notes à la guitare sèche… avant de s’emballer, une fois encore ! Cela dure un poil moins longtemps, mais l’effet semble meilleur pour amener l’explosion. « Raised Me Rowdy », le titre le plus long de la galette du haut de ses touts de même modestes cinq minutes, s’acoquine d’un passage pleinement instrumental pour achever le tableau sur une note plus douce, à nouveau presque post-rock.